Avoir la mèche courte

L’expression avoir la mèche courte signifie « se mettre facilement en colère, perdre patience pour un rien ».

Avoir la mèche courte, le sens de cette expression québécoise

Source : Le Journal de Québec

— Jules a la mèche courte. Il s’énerve dès qu’on tente de lui dire quelque chose. Hier encore, il m’a engueulé alors que je voulais simplement lui demander s’il restait du café.

— Une personne qui a la mèche courte ne devrait jamais être patron.

— Avec le temps, j’ai appris à respirer avant de parler. Plus jeune, j’avais la mèche tellement courte que je perdais tous mes amis.

L’expression avoir la mèche courte est probablement une traduction de l’expression anglaise to have a short fuse. Dans ce contexte, le mot anglais fuse se traduit par « mèche ».

Péter une fuse

L’expression péter une fuse (prononcé fiouze) est la version franglaise de « péter les plombs ». Au Québec, nous avons adapté l’expression anglaise to blow a fuse (dans ce contexte, fuse se traduit par « fusible »). Donc, péter une fuse c’est « s’énerver, perdre la tête. »

Jules a vraiment pété une fuse. Le patron l’a renvoyé chez lui pour la journée.

Dans la langue parlée, péter les plombs est plus fréquent que péter une fuse, alors que disjoncter est beaucoup plus rare.

— Jules a pété une fuse à l’aéroport quand il a appris qu’il avait manqué sa correspondance. Il a dû être escorté par les agents de sécurité.

— Julie déteste son emploi. Elle pète des fuses à tout bout de champ.

— Depuis son divorce, il faut prendre Jules avec des pincettes si on ne veut pas qu’il pète une fuse. J’ai hâte qu’il prenne du mieux.

Il faut parfois faire attention à certaines particularités de la langue. Alors que péter une fuse signifie « perdre patience », lâcher une fuse veut dire « péter », tout simplement.

Être prime

Nous pouvons dire d’une personne qui a la mèche courte qu’elle est prime. En effet, les deux expressions sont synonymes.

L’arbitre est prime ce soir. Il donne des cartons rouges à la moindre offense.

Être prime signifie donc « être impatient, être bouillant, n’être pas à prendre avec des pincettes ».

— Avec le temps, j’ai gagné en maturité. Je suis beaucoup moins prime que lorsque j’avais vingt ans.

— Julie est toujours prime le matin. Il faut lui laisser le temps de commencer sa journée.

— J’ai fait une bêtise. Mon patron m’a dit que j’étais trop prime et j’ai réagi en lançant la brocheuse (agrafeuse) sur le mur. Ce n’est pas très fort…

À noter qu’au Québec, nous employons rarement le mot agrafeuse même si nous le comprenons bien. Dans la langue parlée, brocheuse est le terme le plus fréquemment utilisé.

 

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