Le magasinage de Noël

Le verbe magasiner veut dire « faire du shopping », « faire ses courses » ou « aller dans les magasins pour flâner ».

Ce verbe qui amuse tant nos cousins d’Europe est solidement implanté dans l’univers linguistique québécois. D’ailleurs, nous faisons rarement du shopping. Nous préférons, et de loin, magasiner ou faire du magasinage.

Un Québécois et un Français font la file devant un magasin. Le Québécois dit « Faire mon magasinage de Noël dans le temps de la COVID, je trouve ça plate rare ». Le Français dit « Moi, c'est faire mon shopping à distance que je trouve barbant.»
Dans le contexte de cette illustration, l’adjectif plate signifie « ennuyeux, monotone, terne, décevant ». À noter que l’adjectif plate conserve la même forme au féminin et au masculin. Par exemple : la blague est plate, le film est plate. (Voir l’article La farce plate est tombée à plat pour en apprendre plus sur ce mot.)

— Je vis une contradiction. Je suis commerçant et ma nouvelle blonde (copine) déteste magasiner.

— Pour fêter la fin de la COVID, je me promets d’aller à Paris et de magasiner sur les Champs-Élysées.

— Je préfère magasiner au centre-ville que dans les centres d’achat.

Le centre d’achat, tirée de l’anglais shopping center, est un centre commercial, une galerie marchande.

— Le nouveau centre d’achat est presque vide. C’est déprimant d’aller magasiner là. La moitié des locaux sont inoccupés.

Faire du magasinage

Le nom magasinage désigne l’action de faire des achats, d’aller dans les magasins.

Des séances de magasinage aux allures de réunion entre amis durant le confinement.
Source : La Presse

— Nous sommes le 23 décembre et je n’ai même pas encore commencé mon magasinage des fêtes.

— Quand je fais mon magasinage seul, je deviens insécure (anxieux, inquiet, peu sûr). Je peux essayer dix paires de jeans avant d’en choisir une, et souvent, c’est la première que j’ai essayée.

— Cette année, j’ai vraiment appris à faire mon magasinage en ligne. C’est pratique, mais c’est plate (ennuyeux).

À noter que magasiner et magasinage ont parfois le sens de « comparer », « choisir ».

— De nombreux parents magasinent l’école de leurs enfants comme si ce n’était qu’un produit de consommation.

— Les sites de rencontre ont détruit le romantisme. Chercher un amoureux, ça ressemble maintenant à une séance de magasinage chez IKEA.

Faire son épicerie

Nous pouvons faire notre épicerie au centre d’achats.

Faire son épicerie, c’est faire ses courses. Certains préfèrent dire faire sa commande, toutefois, cette formule tend à disparaître de l’usage.

— Je déteste faire l’épicerie durant la semaine de Noël. Les gens sont trop stressés.

— J’ai eu un accident de voiture en revenant de faire ma commande. Il y avait du lait partout sur la banquette arrière.

Courir les ventes

Les objets en vente sont des articles en liquidation, en solde. Encore une fois, l’influence de l’anglais se fait entendre, car dans ce contexte, le mot vente a pris le sens de l’expression anglaise on sale.

— Profitez des ventes avant Noël : jusqu’à 50 % de rabais.

— J’attends toujours à la dernière minute pour profiter des ventes.

— J’achète tous mes cadeaux en vente. Je ne suis pas capable de payer le plein prix.

La langue commerciale du Québec est fortement influencée par l’anglais. Nous avons donc des ventes d’entrepôt, des ventes d’écoulement, des ventes d’inventaire qui sont toutes des ventes de liquidation. Le terme déstockage, utilisé en France, est peu connu au Québec.

Et pour terminer, une vente finale est une vente ferme. Les objets soldés ne seront ni échangés ni remboursés.

Faire son Steinberg, la petite histoire d’une expression disparue

Les plus âgés se souviendront sans doute de cette expression courante dans les années 1960 à 1990. Steinberg était alors la chaîne d’alimentation la plus populaire au Québec. Cette entreprise était si bien intégrée au tissu social que de nombreux Québécois employaient l’expression faire son Steinberg pour dire qu’ils faisaient l’épicerie (les courses) et cela, peu importe la chaîne d’épiceries où ils magasinaient. Nous pouvions donc faire notre Steinberg chez Steinberg, mais aussi chez Métro, IGA ou Dominion.

Sac d'épicerie en papier de la défunte chaîne Steinberg
Source : Musée de la Civilisation

À la suite de la faillite des épiceries Steinberg dans les années 1990, l’expression s’est peu à peu éteinte.

Pour rester dans le thème des fêtes, nous vous invitons à découvrir l’expression tire-toi une bûche.

Partagez cet article!

Inscription à l’infolettre

Inscrivez-vous à notre infolettre (newsletter) pour recevoir, une fois par semaine, les nouveaux articles publiés sur Traduction du français au français.

Je m’inscris

Nous utilisons votre adresse courriel uniquement pour vous envoyer l’infolettre. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment.