Découvrez l’univers amusant des expressions québécoises liées à la pluie

De tout temps, la pluie a nourri l’imaginaire des peintres, poètes et artistes. Elle a aussi inspiré les Québécois et Québécoises à créer de nombreuses expressions qui colorent la grisaille.

Prenez l’amusante expression pleuvoir à boire debout qui illustre si bien ces averses torrentielles où l’on peut s’abreuver en levant simplement les yeux vers le ciel.

Exemples :

— C’était nos premières vacances depuis la covid-19, et il a plu à boire debout presque tous les jours. On ne pouvait pas sortir, c’était comme le confinement.

— Ça donne quoi de louer une chambre à côté de la mer s’il pleut à boire debout ?

— Au moment où il s’est mis à pleuvoir à boire debout, je me suis rendu compte que j’avais oublié mon parapluie neuf dans le métro.

Pleuvoir des clous

L’expression pleuvoir des clous veut dire « pleuvoir abondamment ». Nous disons aussi « il tombe des clous » pour décrire la violence d’une averse.

L'avion est resté sur le tarmac pendant deux heures, le temps qu'il arrête de tomber des clous.
L’avion est resté sur le tarmac pendant deux heures, le temps qu’il arrête de tomber des clous.

Exemples :

— C’était la première fois que je faisais du camping et il a plu des clous pendant les trois jours. On ne m’y reprendra plus.

— Ça fait trois Noëls de suite qu’il tombe des clous. Nos beaux Noëls blancs ne seront bientôt que des souvenirs d’une autre époque.

Nous disons aussi ça tombe comme des clous pour décrire de fortes pluies.

— À mon mariage, ça tombait comme des clous. Bon ou mauvais présage ? L’avenir le dira.

— Il mouille, c’est effrayant ! Ça tombe comme des clous.

Il mouille depuis une semaine

Au Québec, on utilise aussi le verbe mouiller comme synonyme de « pleuvoir ». Cet usage est assez fréquent. C’est un incontournable du quotidien.

La petite Julie adore jouer dehors quand il mouille.
La petite Julie adore jouer dehors quand il mouille.

Exemples :

— Quand il se met à mouiller aussi fort que ça, c’est pas long que les égouts refoulent.

— Depuis que je me suis acheté un kit de golf, il mouille tous les jours. J’aurais mieux fait d’acheter des palmes et un tuba.

— Je suis venu en bicycle (vélo), même s’il mouillait un peu. J’sus pas fait en chocolat.

Ne pas être fait en chocolat

Heureusement, face aux éléments, les Québécois ne se découragent pas facilement. Pourquoi ? Parce qu’ils ne sont « pas faits en chocolat » ! La délicieuse expression ne pas être fait en chocolat rappelle qu’on est capables de d’affronter des défis, de surmonter des problèmes.

Ce lexique météorologique véhicule aussi une certaine philosophie de vie. Dire d’un individu qu’il n’est « pas fait en chocolat » signifie qu’il possède la résilience nécessaire pour affronter les difficultés ou braver les intempéries sans se plaindre.

Exemples :

— C’est pas parce qu’il va mouiller un peu qu’il faut annuler la course. On n’est pas faits en chocolat.

— Ma grand-mère, pour nous critiquer, nous répétait toujours : « nous, dans notre temps, on n’était pas faits en chocolat ».

— Arrêtez de vous lamenter. Vous êtes capables de suivre un régime pendant une semaine. Non ? Vous n’êtes quand même pas faits en chocolat ?

Un bec mouillé

Connaissez-vous le sens de la locution bec mouillé ? Un bec mouillé, c’est un baiser directement sur la bouche plutôt qu’un simple bécot sur la joue. La langue québécoise regorge d’ailleurs de trésors autour du mot « bec »… mais attention à ne pas vous retrouver le bec à l’eau.

Source photo : Depositphotos.com

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