Pot-pourri d’expressions franglaises du Québec

L’adverbe anglais full, dans le sens de très, s’est faufilé dans le langage populaire, particulièrement chez les jeunes.

— L’examen de français était full facile.

— Mon prof est full correct avec moi.

— Je me suis fait full mal durant le cours d’éducation physique.

Pour décrire un étudiant doué, certains jeunes utilisent la locution «full cellules».

— L’école, c’est facile pour lui. Il est full cellules. (Cette locution n’est pas full répandue, mais nous la trouvons amusante.)

Au Québec, nous utilisons la locution full pin comme synonyme d’«à plein régime», «au maximum».

— Je m’investis full pin dans mon projet. Ça passe ou ça casse.

— Ton projet m’intéresse full pin.

T’es pas game

La locution franglaise être game veut dire «être prêt à faire quelque chose» ou «avoir le cran nécessaire à relever un défi».

Être game en québécoisT’es pas game de partir sur le pouce tout le week-end avec moi. (Faire du pouce est synonyme de faire de l’auto-stop).

— Tu m’as surpris quand tu as plongé du haut du rocher. Je ne te pensais pas game.

— Jules, il n’est pas game, il est carrément fou. C’est un malade.

Avoir de la luck

Le mot anglais luck, qui se traduit par chance, veine, se retrouve souvent dans la langue parlée québécoise.

— J’ai vraiment eu de la luck. Le moteur a pris feu juste au moment où je sortais de la voiture.

— Ça fait vingt ans que je réussis en affaires. Ça doit pas juste être de la luck. Je dois y être pour quelque chose.

Le mot luck se transforme en loqué lorsqu’il doit s’accorder.

— J’ai été assez loqué (lucké) hier soir. Je suis le seul qui soit sorti indemne du carambolage.

Nous utilisons aussi le calque anglais «je me considère comme le plus loqué…», tiré de To count himself lucky that

— Si tu acceptais de m’épouser, je serais le plus loqué des hommes.

Je suis badloqué

On peut aussi avoir de la bad luck (malchance), dans ce cas on est badloqué.

— Je suis assez badloqué. Chaque fois que j’achète quelque chose, ça brise.

— Je suis bien trop badloqué pour prendre le risque de faire du parachutisme.

Badloque (bad luck) peut aussi être employé comme un nom.

— Je ne pourrai pas aller travailler ce matin. Je viens d’avoir une badloque avec ma voiture.

— La vie ne me réserve que des badloques.

Petite précision : certains préfèrent l’orthographe, luckébad luck, d’autres privilégient loquébadloque. Cela dit, le mot malchance est aussi couramment employé dans la langue parlée.

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