Plusieurs emplois pour le mot job

Contrairement aux Français, les Québécois emploient habituellement le mot job au féminin.

— Jules a perdu sa job alors qu’il venait juste de s’acheter une maison. La malchance lui colle au cul.

— Ça fait quatre ans que j’ai terminé l’université et j’ai juste eu des petites jobs. Je suis découragé.

— Mon grand-père a eu la même job toute sa vie. Il ne comprend pas comment je fais pour changer de job aux deux ou trois ans.

L’autre emploi du mot job

Au Québec, le mot job a aussi acquis le sens de « tâche, ouvrage à effectuer ».

— Tu veux que je répare ta poignée de porte ? Ce n’est pas une grosse job. Ça va me prendre une heure ou deux.

— Ce n’est pas une grosse job, mais il faut quand même compter une journée pour la faire, si on veut bien travailler.

— N’engage jamais le beau-frère de Jules pour faire des rénovations. Il va te faire une job de cochon.

Une jobine

Le mot jobine, ou jobbine, signifie « emploi précaire ».

— J’essaie d’expliquer à mon fils que même s’il n’a qu’une jobine, il doit se présenter à l’heure.

— Si j’avais su que je vivrais de jobine en jobine, je n’aurais jamais stressé pour mes examens scolaires.

— Je vais voyager dans l’Ouest canadien. Si je trouve une petite jobine, je vais rester quelques mois.

Ça fait la job

L’expression ça fait la job est synonyme de « c’est OK, mais sans plus ». On pourrait même dire qu’une jobine, ça fait la job pour payer les factures les plus urgentes.

— J’ai acheté tous mes outils dans une vente de garage (vide-grenier, bric-à-brac). Ce n’est pas de la grande qualité, mais ils font la job.

— Mon nouvel ordinateur n’est pas très performant, mais il fait la job pour l’instant.

— J’ai réparé ton drain. Ce n’est rien d’élégant, mais ça va faire la job. Ça ne devrait plus couler.

Une job steady

Avoir une job steady, c’est avoir un emploi stable. Cette expression franglaise, autrefois très courante, est de moins en moins employée. D’abord parce que les jobs steady se font de plus en plus rares et ensuite parce que l’adjectif steady a perdu du terrain au profit de ses équivalents français : régulier, permanent ou stable.

La locution « une job steady » possède une forte connotation culturelle.

Dans les années 1970, l’humoriste Yvon Deschamps résumait les aspirations de nombreux Québécois, alors dominés politiquement, par cette phrase devenue célèbre :

« Dans la vie, il y a deux choses qui comptent : une job steady, pis un bon boss.»

Cette phrase a souvent été reprise pour décrire la soumission des Québécois au conquérant anglophone.

Nous vous invitons à lire l’article Une job steady pour découvrir comment l’adjectif steady s’est faufilé dans la langue québécoise.

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