Pelleter des nuages

Au Québec, les hivers rigoureux nous forcent à pelleter de la neige, encore et encore. Cette corvée, qui est presque devenue notre sport national, a donné naissance à plusieurs maux de dos et aussi à de nombreuses expressions qui n’ont plus rien à voir avec la météo, comme pelleter des nuages.

Jules est sympathique. Mais il ne fait que pelleter des nuages.

L’expression « pelleter des nuages » signifie « rêver sans tenir compte des contraintes réelles ». Un pelleteur de nuages est donc un idéaliste ou un enthousiaste dépourvu de sens pratique, une personne qui caresse des chimères.

— Je suis soulagé. Mon garçon a cessé de pelleter des nuages. Il a décidé de retourner aux études.

Dans la langue parlée, lorsqu’on veut donner un sens péjoratif au mot pelleteur, on dit pelleteux. On désigne alors un idéaliste qui n’est pas fiable.

— Ma fille est attirée par les pelleteux de nuages. Elle embarque toujours dans leurs chimères.

— Quoi, tu as investi avec Jules ? Mais t’es fou ! C’est rien qu’un pelleteux de nuages.

Pelleter dans la cour du voisin

L’expression pelleter dans la cour du voisin signifie « se débarrasser d’un problème en le refilant à quelqu’un d’autre ».

— Arrête donc de pelleter tes problèmes dans la cour du voisin. Un jour, tu devras faire face à tes responsabilités.

— Le gouvernement fédéral va pelleter dans la cour des provinces ses responsabilités en santé.

Pelleter en avant

L’expression pelleter par en avant veut dire « remettre à plus tard une décision difficile à prendre ou un problème à régler ».

— À force de pelleter ses problèmes par en avant, Jules va un jour se retrouver sur la paille.

— Les gouvernements pellettent vers l’avant le problème de la dette. Ils ne pensent qu’à leur réélection.

Pelleter de la boucane

Pelleter de la boucane ou pelleter de l’air, c’est perdre son temps en futilités.

— Je n’aime pas mon nouveau patron. Il fait juste pelleter de la boucane.

Au Québec, les futilités, nous les appelons souvent des niaiseries. Le mot niaiserie signifie « chose sans importance ». Ce terme a enfanté le nom niaiseux, synonyme de « niais, bête, stupide » et le verbe niaiser, synonyme de « perdre son temps à ne rien faire ».

— Je n’ai rien fait de la journée, j’ai juste niaisé.

Le verbe niaiser veut aussi dire « embêter quelqu’un » ou « le faire marcher ».

— Si t’arrêtes pas de me niaiser, je te fous mon poing sur la gueule.

— Est-ce que c’est vrai ce que tu me racontes? Es-tu en train de me niaiser?

Pour approfondir votre connaissance de la famille du mot niaiserie, nous vous invitons à consulter l’article Niaiseux, niaisage et autres niaiseries québécoises.

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