Je me suis fait enfirouaper!

Le savoureux verbe québécois enfirouaper signifie « duper quelqu’un, le tromper par de belles paroles ».

Un vendeur de voitures tente d’enfirouaper ses clients. Enfirouaper, c’est duper quelqu'un.
Jules est un prédateur souriant. Ne lui donne jamais une chance de t’enfirouaper.

— N’achète rien de Jules! Il va t’enfirouaper avec ses belles promesses.

— Quand j’achète quelque chose, je garde toujours à l’esprit que le vendeur tente de m’enfirouaper.

— Monsieur, je suis vraiment à bout de patience. Je vais vous poursuivre en justice. Il y a toujours des limites à se laisser enfirouaper sans rien dire!

L’origine floue d’enfirouaper

On retrouve de nombreuses explications sur la naissance de ce verbe québécois. Nous vous présentons trois d’entre elles. Laquelle est vraie? Il est difficile de répondre à cette question.

In fur wrap?

Le verbe enfirouaper serait une adaptation des mots anglais in fur wrap (de fur : fourrure; et wrap : emballage). On raconte que les Britanniques disaient qu’il suffisait d’emballer des produits de mauvaise qualité dans de la fourrure pour duper les Canadiens français. La locution anglaise in fur wrap aurait alors donné naissance au verbe québécois enfirouaper, synonyme de « se faire avoir ». 

On avance aussi l’hypothèse que du temps de la traite des fourrures, les commerçants lestaient les fourrures de pierre pour augmenter la valeur des ballots, qui étaient vendus au poids. C’est de cette arnaque, in fur wrap, que serait né le verbe enfirouaper.

Ces deux explications sont tirées du texte BULLETIN LINGUISTIQUE DU DÉPARTEMENT D’ÉTUDES FRANÇAISES, de l’Université Laurentienne.

Enfifrer?

Selon le dictionnaire d’Antidote, l’étymologie possible du verbe enfirouaper serait : du français argotique enfifrer, « duper », et d’une langue d’oïl ouâpe, « vaurien »; du français argotique fifre, « pénis », et du latin classique vappa, « vaurien ».

Pour terminer, se faire enfirouaper, c’est se faire passer un sapin, une expression qui est synonyme de « se faire avoir, se faire duper, se faire tromper », et dans un registre très familier « se faire fourrer, se faire crosser ».

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