Je dis en québécois; tu dis en français

Traduction du français au français innove avec une série d’articles écrits à quatre mains dont le but est de comparer les expressions des deux côtés de l’Atlantique. Le premier thème abordé sera celui du sport. Les séries de la Coupe Stanley de hockey viennent à peine de se terminer que la Coupe du monde de Football bat son plein. Ces deux évènements déchaînent les passions, mais avec une intensité inégale en France et au Québec. Même les couleurs diffèrent : le bleu pour l’équipe de football de France, et le rouge pour le club de hockey le Canadien de Montréal.

Bonne lecture !

Ton football, ce n’est pas du football.

 – Au Québec, le mot football décrit deux et même trois sports différents. Il peut désigner le football joué en Europe, que les Québécois appellent habituellement soccer et même « football européen », pour éviter la confusion avec l’autre football. Le vrai.

 – Le « football américain » ?

 – Le « football américain » et aussi le « football canadien ». Ce dernier ressemble beaucoup au premier, mais il comporte quelques règles différentes qui sont difficiles à détecter pour un non-connaisseur.

Les expressions liées au sport : la motivation du joueur

 – Donner son 110 % signifie se dépasser, aller au-delà de ses limites. Au Québec, l’expression « donner son 110 % » transcende maintenant l’univers du sport. Elle est utilisée à plusieurs sauces, notamment dans le but de stimuler, de motiver les employés.

 – En France, nous disons pratiquement la même chose avec il se donne à 100 %. Dans le même genre, et en plus imagé, nous avons il mouille le maillot. Cette expression, l’une de mes préférées, reste néanmoins (quelle honte !) confinée au domaine du sport.

Pareil, mais pas pareil

 – Un mangeux de puck est un individualiste, quelqu’un qui ne joue pas pour l’équipe, qui garde tout pour lui. Un puck, c’est une rondelle de hockey, aussi appelé palet en France.

 – Cela ressemble beaucoup à notre mangeur de ballon.

Quand une passe est si prévisible que le défenseur n’a aucun mal à l’intercepter, je dis, indigné, c’était téléphoné !

 – Au Québec, ce serait plutôt c’était télégraphié !

 – Vous avez une révolution technologique de retard!

 – Est-ce que vous avez un tour du chapeau ?

 – Notre coup du chapeau peut-être…

 – «Un tour du chapeau» c’est lorsqu’un joueur marque trois buts au hockey. Cette expression a été popularisée dans les années 1950. À cette époque, le renommé chapelier Henri Henri de Montréal remettait un chapeau à tous les joueurs qui comptaient trois buts dans une même partie.

 – Pour nous, le « coup du chapeau » c’est lorsqu’un attaquant marque 3 buts consécutifs. Le « coup du chapeau parfait » c’est un joueur qui compte ses 3 buts de 3 manières différentes. Michel Platini a réalisé cet exploit lors de l’Euro de 1984 en marquant un but du pied gauche, un autre de la tête et le dernier du pied droit!

 – Est-ce que tu connais l’expression accrocher ses patins ? Elle signifie prendre sa retraite, se retirer. Cette expression a dépassé les limites du monde sportif: « Encore deux années au bureau et j’accroche mes patins ».

 – Presque ! J’utiliserais raccrocher les crampons, mais je ne l’ai jamais entendu en dehors du domaine sportif.

Devine le sens de cette expression française : « il lui a cassé un rein. »

 – Est-ce que vous utilisez l’expression il lui a cassé un rein?

 – Non, le sens de cette expression m’est inconnu.

 – Un footballeur qui « casse un rein » à son adversaire ne le blesse pas physiquement. Il le déjoue de façon spectaculaire. Nous utilisons cette expression pour décrire une feinte réussie, c’est-à-dire que l’attaquant fait croire au défenseur qu’il va aller d’un côté avant de changer subitement de côté. Le défenseur, déjà engagé sur le premier côté, doit exécuter un mouvement brusque pour suivre l’attaquant. S’il n’y arrive pas et reste derrière l’attaquant, c’est que son « rein  a cassé » du fait de ce brutal changement de direction. C’est quelque chose de très plaisant à voir.

Devine le sens de l’expression québécoise « être vite sur ses patins. »

 – Est-ce que tu peux déduire le sens de l’expression être vite sur ses patins ?

 – C’est quelqu’un qui se prépare vite peut-être ?

 – Une personne qui «est vite sur ses patins» pense vite, réagit sans hésiter. Bref, elle n’est jamais prise au dépourvu.

– Je vois… mais je ne connais pas d’équivalent français.

 

Cette nouvelle série est née de la collaboration entre Vincent Guérineau de la France et de Patrice Hudon du Québec.

 

 

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