Je dis en québécois; tu dis en français (expressions sportives 2)

 

Est-ce que tu connais l’expression «Il niaise pas avec le puck»?

Alors, le puck, ça je sais : c’est la rondelle tapée au hockey. Et niais, c’est quelqu’un d’un peu bête… c’est donc quelqu’un qui n’est pas bête avec la rondelle ?

— Bonne déduction, mais tu as visé un peu à côté. Nous utilisons l’expression il niaise pas avec le puck pour décrire une personne qui n’hésite pas à prendre une décision, à foncer. Dans ce contexte, niaiser est synonyme de perdre son temps à ne rien faire. Et le puck, c’est effectivement ce que vous appelez (étrangement de notre point de vue) le palet.

Tiens en parlant de verbe à double sens, en France nous utilisons vendanger. Ce n’est pas seulement le fait de récolter le raisin, c’est aussi, au foot, l’action d’un attaquant qui rate une occasion très facile de mettre un but en tirant trop fort à côté de la cage adverse. On lève alors souvent les mains au ciel en s’exclamant « il a vendangé là!».

Devine le sens de l’expression française «Marquer à la culotte».

— C’est la première fois que j’entends cette expression. C’est peut-être lorsqu’un joueur de soccer se pitche à terre en feignant une blessure? (Pitcher signifie se jeter au sol, se laisser tomber, tandis que pitcher veut dire lancer.) Il salit alors sa culotte en tentant d’obtenir un «penalty». Mais sincèrement, je ne parierais pas dix sous sur ma réponse.

— Ah ces footballeurs qui «se jettent» (par terre) dans la surface de réparation pour obtenir un «penalty»: toute une histoire! En France, on utilise l’expression marquer à la culotte quand un défenseur reste tout le temps très proche du joueur adverse qu’il marque, et cela pour l’empêcher qu’il reçoive le ballon . C’est assez imagé, je te l’accorde.

— Au Québec, on dirait plutôt «il ne le lâche pas d’une semelle», « il lui colle au derrière» et même «il lui colle au cul».

— C’est imagé aussi ! Nous utilisons aussi ces trois expressions, mais la dernière appartient à un registre très familier : les commentateurs sportifs ne diraient jamais cela à la télé (du moins, plus depuis Thierry Roland).

Devine le sens de l’expression québécoise «Il travaille fort dans les coins».

— Alors, je vois des coins… mais pas du tout ce que ça peut vouloir dire…

Il travaille fort dans les coins décrit un joueur qui va dans les coins (arrondis, mais ne chipotons pas) de la patinoire pour tenter de soutirer la rondelle à l’adversaire. Cette expression est utilisée pour décrire une personne qui n’hésite pas à s’exposer, à redoubler d’ardeur et à se sacrifier pour le bien de l’équipe. Car dans les coins, les joueurs risquent de se faire aplatir dans la bande par les adversaires ! (La bande, c’est la clôture de bois qui entoure la patinoire.)

— Dans ce cas il va au charbon, qui fait référence au difficile métier de mineur, correspondrait pas mal. Il n’y a pas l’idée de sacrifice, mais c’est clairement quelqu’un qui donne de sa personne !

 

Ce texte à quatre mains a été écrit par Vincent Guérineau de la France et de Patrice Hudon du Québec.

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