Je dis, tu dis : divers mots d’hiver en québécois, la suite

Est-ce que nos souffleuses t’ont impressionné ?

— Si tu fais référence aux aspirateurs géants qui récupèrent la neige et la versent ensuite dans des camions-bennes. Plutôt oui ! C’est un sacré travail pour enlever la neige ici ! Dire que d’où je viens, on espère qu’elle reste un peu…

Dictionnaire québécois : le mot souffleuse

— Nous avons aussi des grattes, qu’on appelle parfois des charrues. Ce sont des camions munis d’un immense grattoir qui pousse la neige sur le côté de la rue. Une gratte peut aussi être une pelle dont la lame est large et recourbée.

— Chez nous, c’est bien difficile d’enlever de la neige avec…une gratte, car c’est le nom familier qu’on donne à une guitare. « Et à la gratte : Léo ! »

Cet hiver, est-ce que tu as eu la guédille au nez ?

— Oui ! J’ai déjà mangé une guédille ! Et au homard ! Mais c’était l’été dernier et je l’ai mangé proprement de sorte que je n’en avais pas plein le visage.

— Tu parles de la guédille dans le sens sandwich fait avec du pain à hot-dog. Mais l’expression avoir la guédille au nez signifie avoir le nez qui coule, avoir une petite goutte qui pend au bout du nez. Un phénomène très fréquent par temps froid.

— J’ai pu constater !

— On utilise aussi cette expression pour dire que quelqu’un manque d’expérience, qu’il est un jeunot. « Il a encore la guédille au nez et il vient me dire quoi faire.»

— En France nous utilisons directement « morveux » comme dans le péjoratif : « Pour qui se prend-il ce morveux ? »

On peut être gelé sans avoir froid

 — Une expression québécoise reliée à l’hiver que j’aime beaucoup est être gelé, dans le sens de « être sous l’emprise de la drogue, être défoncé ». Elle décrit très bien la nonchalance de la personne intoxiquée.

— Malgré une apparente similitude, l’expression québécoise «être gelé» est donc fort différente du «être givré» français.

— Oui, nous utilisons «être givré» pour dire que quelqu’un est fou, déséquilibré ou dangereusement imprudent.

Qu’est-ce que ça mange en hiver ?

— Est-ce que tu comprends l’expression Qu’est-ce que ça mange en hiver?

— C’est assez explicite, mais je sens que tu vas me surprendre !

— Cette expression sert à s’enquérir de la nature d’une chose qu’on ne connaît pas. On l’utilise lorsqu’on ignore de quoi parle notre interlocuteur. «Qu’est-ce que ça mange en hiver, un grand collisionneur de hadrons?»

 

Ce texte à quatre mains a été écrit par Vincent Guérineau de la France et de Patrice Hudon du Québec.

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