Ça torche, l’ambiguité

Le slogan publicitaire « Ça torche! » ne déroute pas seulement les Français. Il surprend aussi de nombreux Québécois.

Comme en France, le verbe torcher possède le sens d’« essuyer » ou de « mal exécuter quelque chose ». Et la forme pronominale s’en torcher signifie « s’en foutre » des deux côtés de l’Atlantique.

Toutefois, au début des années 2000, les adolescents du Québec ont commencé à utiliser ça torche en lui donnant le sens de « c’est formidable », « c’est très fort ».

Utilisation du verbe ça torche dans un slogan publicitaire québécois. Un sens incompris par les Français.
Source : Grenier aux nouvelles

Certains expliquent la naissance récente de l’expression Ça torche! par le fait que le verbe torcher possède aussi le sens de « battre », même si ce sens est vieilli. Battre quelqu’un implique une domination, une supériorité. Quelque chose qui torche possède donc un avantage, est supérieur, plus puissant.

« Dans MHM, ça torche! »

Ce slogan a servi au lancement d’une campagne de l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve (MHM — un quartier de Montréal — aussi appelé HoMa) visant à sensibiliser les citoyens à la propreté dans les espaces publics.

Slogan : Ça torche, lancement de campagne pour la propreté.
Source : Grenier aux nouvelles

Le slogan joue donc sur les deux sens du mot : « nettoyer » et « être extraordinaire ».

Mais cette expression ne plaît pas à toutes les générations. En effet, les plus vieux éprouvent une certaine difficulté à employer ce verbe dans ce contexte, car pour eux torcher est lié à la malpropreté et torche est une véritable insulte.

Une vraie torche

Le mot torche est parfois utilisé comme nom. Il sert alors à insulter une femme. C’est une injure très vulgaire, encore plus que traiter une Française de « grosse connasse ».

Image de la statue de la liberté portant fièrement le flambeau de la liberté. Certains donnent le surnom de « la grosse torche » à la statue de la Liberté pour jouer sur les deux sens du mot torche.
Certains donnent le surnom de « la grosse torche » à la statue de la Liberté pour jouer sur les deux sens du mot torche.

Plusieurs Québécois ont surnommé la statue de la Liberté « la grosse torche » pour jouer sur les deux sens du mot torche. C’est à la fois un jeu de mots et un éditorial politique.

— As-tu rencontré la nouvelle patronne? Elle me donne l’impression d’être une grosse torche.

— Je ne comprends pas comment mon oncle si gentil a pu épouser cette grosse torche-là.

Source des photos : Grenier aux nouvelles (l’oriflamme et et la dame au macaron) et Pixabay pour la statue de la Liberté

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