Ça passe ou ça casse

Les Québécois donnent au verbe casser des significations qui sont inconnues en France. Par exemple, casser employé comme synonyme de rompre une relation amoureuse n’est pas d’usage courant en France.

«Depuis que Julie a cassé avec son amoureux, elle ne sort plus. Elle passe toutes les nuits à regarder la télévision en se bourrant de glace au chocolat.»

Un casseux de party

Casser dans le sens de gâcher est très peu répandu en France.

«Quand son ex est arrivé à la fête, ç’a cassé la soirée assez raide.»

Le verbe casser dans ce sens a donné naissance à l’expression être un casseux de party, équivalent d’être un trouble-fête, un rabat-joie.

«N’invite surtout pas Roger, c’est un vrai casseux de party

Et pour bien comprendre cette expression, il faut savoir qu’au Québec, un party est simplement une fête, une réception, et non pas une partouze. Donc, cousins Français, ne soyez pas surpris si vous entendez :

«Chérie, je vais rentrer tard ce soir, j’ai un party de bureau.»

Je suis cassé

Au Québec, une personne peut être cassé. Cela ne fait pas mal, mais c’est très désagréable. En effet, être cassé signifie ne plus avoir d’argent, être fauché.

«Roger est toujours cassé, même s’il gagne un bon salaire.»

On utilise aussi l’expression être cassé comme un clou pour décrire une personne désargentée.

«Il est toujours cassé comme un clou et il essaie quand même d’acheter une maison.»

Il casse l’anglais

On peut aussi casser une langue,  c’est-à-dire qu’on la parle mal, qu’on l’écorche.

«Je casse toujours l’anglais, même si j’ai suivi vingt années de cours dans les meilleures écoles.»

En plus de casser notre couple ou une langue étrangère, nous cassons aussi maison, mais cette expression, qui signifie ne plus tenir maison, se fait de plus en plus rare.

«Grand-maman a cassé maison après la mort de grand-papa.»

Casser ses chaussures

Casser ses chaussures, c’est les adapter progressivement à ses pieds.

«Je porte toujours mes chaussures neuves dans la maison, afin de les casser un peu. »

Et finalement, plusieurs automobilistes ont hâte de casser leur moteur, non pas dans l’espoir de le briser, mais plutôt dans le but de le roder.

Finalement, la locution je me casse, dans le sens de s’en aller rapidement, est généralement comprise au Québec, mais elle est peu utilisée dans le langage de tous les jours.

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