Bourrer quelqu’un et se bourrer la face

Le verbe bourrer, au Québec comme ailleurs dans la francophonie, signifie « remplir complètement en comprimant ». Toutefois, de ce côté-ci de l’Atlantique, le verbe bourrer a aussi pris le sens de « tromper, mentir à quelqu’un ».

Bourrer quelqu'un

Le vendeur de voitures a essayé de me bourrer avec des arguments stupides.

— Parce que je ne connais pas grand-chose en rénovation, Jules pensait qu’il pouvait me bourrer et me facturer des frais supplémentaires.

— Ce qui m’épuise aujourd’hui, c’est que tout le monde essaie de bourrer tout le monde. On ne sait plus à qui faire confiance.

— Le vendeur d’ordinateurs a essayé de me bourrer. Il pensait que je n’y connaissais rien à cause de mes cheveux blancs. Il a été surpris, le jeune!

Certaines personnes ajoutent le complément « menteries » au verbe bourrer. Les deux versions, avec ou sans menterie, cohabitent et sont équivalentes. (Au Québec, le mot menterie signifie « mensonge ».)

— Jules se demande encore pourquoi je l’ai laissé. Il ne comprend pas que je n’en pouvais plus de me faire bourrer de menteries jour après jour.

— Plus Jules bourrait ses clients de menteries, plus il se bourrait les poches de profits.

— Jules est culotté. Il nous bourre de menteries jusqu’à ce que l’une d’elles fonctionne.

Se bourrer la face

Le verbe pronominal se bourrer utilisé dans le sens de « manger avec excès » est aussi employé au Québec. À partir ce cette signification, connue par tous les francophones, nous avons créé l’amusante expression se bourrer la face, qui signifie « se gaver, se nourrir avec excès ».

L'expression québécoise se bourrer la face.

Mon garçon s’est bourré la face à son anniversaire.

— Chaque fois que Julie va chez sa grand-mère, elle en profite pour se bourrer la face de chocolat.

— Comme à chaque Halloween, mes enfants vont se bourrer la face. Ils vont être excités toute la soirée et malades toute la nuit.

— J’ai remarqué qu’à chacune des funérailles auxquelles j’assiste, quelques personnes n’attendent que la fin de la cérémonie pour aller se bourrer la face aux frais de la famille.

Pour terminer, être bourré comme synonyme d’« être en état d’ébriété » est peu utilisé au Québec.  Nous disons plutôt « être saoul, être chaud, être chaudasse, être pompette et être paqueté ».

 

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