La tête dans les expressions québécoises

Au Québec, nous avons créé de nombreuses expressions avec le mot tête, comme avoir la tête enflée.

Certaines de ces expressions sont faciles à comprendre. D’autres, au contraire, nécessitent des explications pour éviter que leur énigme ne donne un mal de bloc à ceux qui tentent de les comprendre. (Dans ce contexte, le mot bloc est synonyme de « tête ».)

Avoir la tête enflée

Avoir la tête enflée, c’est être vaniteux, prétentieux. C’est avoir la grosse tête.

L'expression avoir la tête enflée signifie être prétentieux, vantard.
À douze ans, Jules a déjà la tête enflée. L’avenir s’annonce pénible pour ses proches.

— Jules a la tête enflée depuis qu’il a obtenu sa promotion chez Parfum Lancôme. Je ne suis plus capable de le sentir.

— Mon beau-frère a la tête tellement enflée que bientôt, il ne passera plus dans les portes.

Être en amour par-dessus la tête

L’expression être en amour par-dessus la tête signifie « être follement amoureux ».

— Les parents de Julie s’inquiètent pour leur fille. Elle est en amour par-dessus la tête avec le petit vaurien qui traîne au bar toute la journée.

— C’est la première fois que ça m’arrive. Je suis en amour par-dessus la tête, moi qui jouais toujours à l’indépendant.

Être malade dans la tête

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, l’expression être malade dans la tête ne signifie pas avoir mal à la tête, ni avoir un mal de bloc, mais être fou, être dérangé. Quand nous sommes malades dans la tête, nous n’allons pas voir un médecin, mais un psychologue.

— N’essaie même pas de discuter avec lui, c’est un malade dans la tête.

Dans cette expression, on omet habituellement l’article « la ». On dit simplement : « C’est un malade dans tête. »

Le sortir sur la tête

Sortir quelqu’un sur la tête, c’est l’expulser avec vigueur, de façon violente.

— Dans ce bar, les bouncers (videurs) ne font pas dans la dentelle. Ils n’hésiteront pas à te sortir sur la tête s’ils n’aiment pas ta face.

— Hier soir à la discothèque, Jules a perdu la face. Il s’est fait sortir sur la tête.

Une tête carrée

Tête carrée est un terme offensant qui servait à désigner les Canadiens de langue anglaise. Autrefois très populaire, cette insulte se fait de plus en plus rare.

— Je vais arrêter de traiter les Anglais de têtes carrées quand ils arrêteront de nous traiter de frogs.

— Julie préfère sortir avec des têtes carrées plutôt qu’avec des gars de chez nous.

Il existe plusieurs explications contradictoires sur l’origine cette expression. L’une des plus probables est que les Canadiens français, au début de la colonisation, trouvaient étrange cette habitude qu’avaient les Anglais de construire des maisons carrées, aux toits carrés sur des terrains carrés. Ils leur auraient alors attribué le qualificatif de tête carrée, qui n’est pas une traduction de squarehead.

Les têtes-de-violon québécoises

Et si on vous offre de manger des têtes-de-violon, ne vous inquiétez pas, nous parlons simplement de crosses de fougère.

— J’aime voir des têtes-de-violon à l’épicerie. Leur présence annonce l’été.

— Il faut toujours jeter les têtes-de-violon qui sont déroulées. J’avais oublié de le faire et j’ai eu mal au ventre toute la nuit.

Pour terminer, nous vous invitons à découvrir l’article Avoir du front tout le tour de la tête et ça ne prend pas la tête à Papineau.

Inscription à l’infolettre

Inscrivez-vous à notre infolettre (newsletter) pour recevoir les nouveaux articles publiés sur Traduction du français au français.

Je m’inscris