Tire-toi une bûche

Au Québec, on dit tire-toi une bûche pour inviter une personne à prendre une chaise pour se joindre au groupe ou à s’installer à la table avec les autres convives.

Allez, tire-toi une bûche, dit Jules le Québécois à son cousin français.

Cette expression tirerait son origine du début de la colonie, lorsque les habitants de la Nouvelle-France possédaient très peu de meubles. Les sièges n’étaient alors que de simples billots. Heureusement, au fil du temps, ces troncs d’arbre coupés ont laissé la place à de vraies chaises, mais l’expression a survécu jusqu’à nos jours.

Nous utilisons cette expression presque exclusivement lors de festivités, de réjouissances.

— Allez, tire-toi une bûche et viens boire un coup avec nous. C’est pas le temps de faire la baboune (faire la moue, bouder). C’est Noël. On fête.

— Fais pas ton gêné (ne sois pas timide). Tire-toi une bûche et profite de la soirée. Et tu me diras si le caribou est bon. (Le caribou est un renne ou, comme dans l’exemple, une une boisson traditionnelle faite de vin rouge additionné d’alcool.)

— Est-ce que je peux me tirer une bûche et me joindre à vous ? À l’autre table, ils ont tous des faces de carême et parlent des dangers de l’inflation.

À l'aéroport de Montréal, on retrouve plusieurs bancs recouverts de l'expression « tire-toi une bûche ». Cette expression signifie, viens t'assoir avec nous,
À l’aéroport de Montréal, on retrouve plusieurs sièges recouverts de l’expression « tire-toi une bûche ». C’est une façon originale d’accueillir les voyageurs, de leur dire qu’ils sont les bienvenus.

Le sens québécois du verbe bûcher

Au Québec, le verbe bûcher possède aussi le sens de « couper du bois, abattre un arbre ».

Un bucheron en train de bucher un arbre immense.
Mon arrière-grand-père partait bûcher tout l’hiver en Colombie-Britannique, et faisait tout le travail à la hache et à la scie.
Source photo : Wikimedia

— Je viens de finir de bûcher tout mon bois pour l’hiver. Je vais être raqué (courbaturé) demain.

— Jules est allé bûcher dans le bois. Il devrait être de retour pour le souper (repas du soir, le dîner).

— Je suis inquiet. Cela fait plus de cinq heures que Jules est parti bûcher. J’espère qu’il ne s’est pas barré le dos (qu’il ne s’est pas infligé un lumbago, un tour de rein) comme la dernière fois.

Avoir la tête sur la bûche

Au Québec, lorsque nous prenons des risques personnels ou professionnels, nous avonsla tête sur la bûche.

— Je me suis mis la tête sur la bûche quand j’ai pris votre défense devant le patron. Aujourd’hui, vous pourriez faire preuve d’un peu de solidarité.

— Le directeur du Canadien (équipe de hockey) vient de se mettre la tête sur la bûche en échangeant son joueur vedette.

— Bien sûr que je suis stressé. C’est ma tête qui est sur la bûche, pas la vôtre. C’est facile de rester calme quand on ne risque rien.

À noter que cette expression se distingue de l’expression mettre sa tête sur le billot, qui signifie « être certain de quelque chose ».

Dormir comme une bûche

Dormir comme une bûche est synonyme de « dormir comme une souche, dormir comme un loir, dormir à poings fermés ». C’est dormir très profondément.

— Je m’excuse de mon retard. J’ai dormi comme une bûche et je n’ai pas entendu le cadran. (Au Québec, on utilise souvent le mot cadran comme synonyme de « réveille-matin ».)

— Je me sens coupable. Depuis la naissance de Jules, je suis tellement épuisé que je dors comme une bûche. Je n’entends jamais le bébé pleurer.

— J’ai dormi comme une bûche dans mon cours de programmation. Mon professeur, plutôt que de me réveiller, m’a laissé dormir. Je me suis réveillé tout seul dans la classe. J’étais un peu honteux.

Prendre une bûche

L’expression française prendre une bûche, qui veut dire « tomber », est rarement utilisée au Québec. On préfère prendre une débarque, le mot débarque étant synonyme de « chute ».

— J’ai pris une méchante débarque (j’ai fait une grosse chute) sur le trottoir glacé. Dès que j’ai senti mes pieds partir, je savais que je passerais la journée aux urgences.

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