Se conter des peurs dans la langue québécoise

L’Halloween, c’est l’occasion de conter des peurs. Cette locution québécoise possède deux significations : « raconter des histoires à faire peur » ou « raconter des menteries (des mensonges) ».

Jules, le Québécois dit : on ne va pas se raconter des peurs, on n'est pas vraiment épeurants.ut pas se conter des peurs, on

— Mon oncle s’amusait à nous conter des peurs quand on allait à son chalet (maison de campagne). Ensuite, on ne dormait plus de la nuit. C’était étrangement plaisant.

— Le vendeur d’assurances essayait de nous conter des peurs pour nous faire signer un contrat. Et cela a presque marché ! J’ai passé à deux doigts de signer.

Se conter des peurs

La locution se conter des peurs (construite avec un pronom réfléchi) peut aussi vouloir dire « s’imaginer des choses effrayantes », « s’affoler pour rien ».

— Chaque fois que je vais chez le médecin, la nuit d’avant, je me conte des peurs et je n’arrive pas à dormir. Le lendemain, j’arrive chez le médecin épuisé. Le médecin s’inquiète de me voir si blême. Son inquiétude amplifie mon angoisse. La nuit suivante, je me conte d’autres peurs.

— Depuis que j’ai des enfants, je n’arrête pas de me conter des peurs. J’imagine toujours le pire. Bonjour l’angoisse !

Partir en peur

Quand on se conte des peurs, il arrive que l’on parte en peur. Partir en peur c’est s’affoler, céder à la panique.

— Mon ancien planificateur financier a choisi la mauvaise carrière. Dès que la bourse recule un peu, il part en peur et vend tout.

— Mon patron part en peur chaque fois qu’on reçoit un mauvais commentaire sur Facebook. On doit changer de stratégie marketing trois ou quatre fois par semaine. C’est crevant.

Partir en peur signifie aussi « se lancer dans quelque chose avec beaucoup d’enthousiasme, parfois trop ».

— Jules est parti en peur quand il a appris qu’il serait papa. Il a acheté tout le mobilier de la chambre du bébé le lendemain matin, a loué une minifourgonnette ( minispace) et a pris un rendez-vous avec la banque pour un compte épargne-étude.

Film de peur

L’Halloween, c’est l’occasion de regarder un film de peur, c’est-à-dire un film d’horreur.

— J’aime pas les films de peur. La vie, c’est déjà assez stressant comme ça.

— C’est bizarre, mais ma blonde (mon amoureuse) choisit toujours des films de peur. Je ne connais aucune fille qui aime ça autant qu’elle. Il faut croire que je ne lui donne pas assez d’émotions fortes…

Avoir peur, c’est aussi avoir la chienne

L’expression québécoise avoir la chienne ne doit pas être interprété de façon littérale. En effet, cela ne veut pas dire qu’on possède une chienne, mais bien « avoir très peur, être terrifié, (fr)avoir les jetons(/fr) ».

— J’ai la chienne des gros chiens.

— Mon chien a la chienne des vétérinaires.

Pour découvrir les nombreuses utilisations québécoises du mot chien, nous vous invitons à lire l’article Le mot chien dans la langue québécoise.

C’est épeurant

L’adjectif épeurant signifie « qui fait peur, qui inspire la frayeur ».

Prépare ton costume le plus épeurant... Titre d'une page web
Source : FAECUM

— L’Exorciste est le film le plus épeurant que j’ai vu. Il faut dire que j’avais dix ans à l’époque.

— Je ne ferai jamais de parachutisme. Je trouve ça trop épeurant de me jeter dans le vide avec un parachute plié par des gens dans la lune (distraits).

— Mon nouveau patron, c’est épeurant comme il est idiot.

Pour découvrir les nombreuses utilisations québécoises du mot chien, nous vous invitons à ire l’article Le mot chien dans la langue québécoise.

Avoir les quételles

Le mot quételle est synonyme de « trouille » ou de « grande nervosité». Son emploi est plutôt rare, mais on l’entend à l’occasion.

On peut avoir les quételles, c’est-à-dire « avoir peur », ou pogner les quételles, c’est-à-dire « être saisi par la peur, prendre peur ».

— J’ai toujours les quételles avant de passer une entrevue. C’est embêtant pour un coach en entreprise.

— Quand mon nom est sorti pour passer l’audition, j’ai pogné les quételles.

Être peureux, c’est être pissou

Le mot pissou est synonyme de « peureux, lâche ou craintif ». Il possède une connotation plus négative que peureux.

Les pissous virtuels, titre d'un article
Source : Radio-Canada

— Je suis peut-être pissou, mais au moins, j’ai encore toutes mes dents.

— Mon ex est un gros pissou. Il m’a laissée par texto.

Pissou tire son origine de pissoux qui, en langue d’oïl, signifie « personne qui urine souvent » et du latin populaire pissiare qui se traduit par « uriner ».Dictionnaire d’Antidote

Pissou veut aussi dire « enfant qui fait pipi au lit », mais ce sens est aujourd’hui vieilli autant au Québec que dans l’ensemble de la francophonie.

Est-ce que le pissou québécois a un lien avec le pea soup, surnom donné aux Francophones par les Anglophones ? Venez le découvrir en lisant l’article Le pissou québécois.

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