Quinze expressions animalières du Québec

Nous vous invitons à faire un petit tour d’horizon des expressions animalières du Québec. Nous espérons que cette visite de notre faune parlée saura vous amuser.

1 — Sentir le petit canard à patte cassée

Illustration d'un petit canard à la patte cassée qui dégage de fortes odeurs nauséabondes

L’expression sentir le petit canard à patte cassée signifie « puer, dégager de mauvaises odeurs, empester ».

— Pouach ! Oh que ça sentait le petit canard à la patte cassée dans le vestiaire après la partie de hockey !

À noter que l’omission de l’article « la » est volontaire et a pour but de se rapprocher de la version parlée.

2 — Avoir une haleine de cheval

Avoir une haleine de cheval, c’est avoir une haleine nauséabonde, fétide, répugnante.

— C’est épouvantable ! Mon nouveau collègue de bureau a une de ces haleines de cheval ! Et le pire, c’est qu’il parle tout le temps.

3 — Le chat est sorti du sac

L’expression le chat est sorti du sac signifie que le secret est dévoilé, qu’on a découvert le pot aux roses, qu’on a vendu la mèche.

Cette expression courante n’est pas une création québécoise à proprement parler, car c’est une traduction de l’anglais the cat is out of the bag.

— C’est après avoir bu trois ou quatre bières au cinq à sept que Jules s’est mis à parler et que le chat est sorti du sac. Il a avoué qu’il ferait des mises à pied dans les prochaines semaines.

Le cinq à sept est une période (habituellement de 17 h à 19 h) où les bars et restaurants offrent des rabais sur les consommations alcoolisées.

Pour en apprendre plus sur les expressions construites avec le mot chat, nous vous invitons à consulter l’article : Le chat est sorti du sac et t’a mangé la langue.

4 — Fais du bien à un cochon et il viendra chier sur ton perron

L’étonnant proverbe fais du bien à un cochon et il viendra chier sur ton perron nous rappelle qu’aider un ingrat risque de nous occasionner bien des problèmes. Secourir un profiteur, c’est mettre le doigt dans un engrenage sans fin, c’est s’enfoncer dans une spirale d’ingratitude.

— Quand est-ce que tu vas apprendre que si tu fais du bien un cochon, il viendra chier sur ton perron ? Il faut que tu arrêtes d’inviter des inconnus à vivre chez toi.

Si vous désirez découvrir de nouvelles expressions amusantes construites avec le mot cochon, jetez un coup d’œil à l’article Le cochon dans les expressions québécoises.

5 — Un chien de poche

Nous utilisons l’expression chien de poche pour décrire une personne toujours à la remorque d’une autre, qui la suit partout et lui rend service de façon servile.

— Mon patron veut donner la promotion à son chien de poche, qui le servira avec des étoiles dans les yeux.

Saviez-vous qu’avoir la chienne et avoir du chien sont deux expressions totalement différentes ? Venez découvrir leur sens en lisant l’article Le mot chien dans la langue québécoise.

6 — Avoir des bébittes dans la tête

Avoir des bébittes dans la tête signifie « avoir des problèmes psychologiques, des comportements étranges, des manies bizarres ». Pour bien comprendre cette expression, il faut savoir que bébitte est synonymes de « petite bestiole » ou « insecte ».

— J’ai travaillé dans le monde du show-biz et on dirait qu’il faut avoir plein de bébittes dans la tête pour espérer y faire carrière.

Le mot bébitte possède plusieurs graphies, nous pouvons aussi bien écrire bébitte que bibitte, bebite ou bibite.

Connaissez-vous la différence entre une bébitte et un maringouin ?

7 — Avoir un air de bœuf

L’expression avoir un air de bœuf signifie « être désagréable, antipathique, renfrogné ». À noter que dans ce contexte, nous prononçons « beu » : « avoir un air de beu ».

— Chaque Noël, mon oncle arrive avec son air de bœuf et gâche l’atmosphère.

Nous pouvons aussi bien avoir un air de bœuf qu’une face de bœuf. Toutefois, avoir une face de bœuf ne signifie pas la même chose qu’avoir un front de bœuf. Découvrez ce qui distingue ces deux expressions en lisant l’article Avoir du front tout le tour de la tête.

8 — Le diable est aux vaches

L’expression le diable est aux vaches sert à décrire une situation très confuse. Elle nous vient de France où elle est peu utilisée, alors que les Québécois s’en servent couramment.

— Durant la COVID, le diable était aux vaches dans les centres de soins prolongés. Mais pour être franc, c’était aussi le bordel avant.

Connaissez-vous les deux sens de petite vache ? Pour les connaître, consultez l’article Le diable est aux vaches.

9— Partir comme un petit poulet

L’expression partir comme un petit poulet, ou partir comme un petit poussin, est un euphémisme pour dire qu’une personne est morte doucement.

— Mon grand-père est parti comme un petit poulet. Il était assis dans son fauteuil et écoutait les nouvelles. Nous ne nous sommes rendu compte de rien.

Comme en France, nous utilisons parfois le mot poulet pour parler d’un policier, mais ce sont les termes bœuf ou cochon qui sont employés le plus souvent pour dénigrer cette profession.

10 — Être aux oiseaux

Être aux oiseaux signifie « être aux anges ». Les deux expressions sont employées au Québec, mais nous avons une préférence pour la première.

— J’ai fait un safari-photo au Costa Rica. J’ai vu des quetzals en plein vol. J’étais littéralement aux oiseaux.

Comme synonyme d’oiseau, nous employons parfois le mot pit pit (prononcé « pite pite »), mais ce terme reste l’apanage des enfants. De plus, les oiseaux du Québec font « pit pit » plutôt que « cui cui ».

11 — Mouche à marde

Une mouche à marde est une personne qui en suit constamment une autre et l’importune. C’est un individu insistant que les refus ne découragent pas le moins du monde. Dans la langue familière, nous disons « marde » plutôt que « merde ».

— Ne t’inquiète pas trop de Jules. C’est vrai qu’il est un peu une mouche à marde, mais il n’est pas dangereux. Il ne ferait pas de mal à une mouche.

À la différence du chien de poche, qui peut toujours se rendre utile, la mouche à marde est franchement désagréable.

Une mouche à marde, c’est donc une grosse tache, mais en plus insistante. Pour connaître toutes ces subtilités, consultez l’article Une grosse tache.

12 — En criant lapin

L’expression en criant lapin signifie « très rapidement, en un clin d’œil ».

— C’est pas facile d’adopter un chiot. Les gens s’imaginent qu’on peut le rendre propre en criant lapin.

Nous employons aussi la locution en criant ciseau comme synonyme de « rapidement, facilement ».

13 — Patinoire à poux

Une patinoire à poux décrit un crâne chauve, une personne souffrant de calvitie.

— C’est étrange, le propriétaire du gros salon de coiffure du quartier est une patinoire à poux.

Avant de devenir une patinoire à poux, un homme a commencé par caler, c’est-à-dire qu’il a d’abord perdu ses cheveux. Le verbe caler a plusieurs sens bien québécois. Pour les découvrir, lisez Caler sans se caler.

14 — Être habillé comme la chienne à Jacques

L’expression québécoise être habillé comme la chienne à Jacques signifie « être très mal habillé », « être habillé de façon négligée » ou « porter des vêtements qui ne conviennent pas à une situation ». Par exemple, porter des vêtements extravagants à un enterrement.

— As-tu vu Julie au mariage de sa cousine ? Elle est arrivée habillée comme la chienne à Jacques. C’est sa mère, Nicole, qui doit être débinée (découragée). Elle qui est toujours si bien mise.

Nous avons consacré un article complet à cette expression. Et nous répondons à la question que plusieurs se posent : mais qui est donc Jacques? 

15 — Une bête puante

Une bête puante est une moufette ou une personne sournoise.

— J’ai écrasé une bête puante (moufette). Mon char (voiture) pue sans bon sens (d’une façon excessive). Est-ce que je dois le laver avec du jus de tomate ?

Lorsque nous utilisons la locution bête puante pour insulter une personne, nous ne décrivons pas son odeur, mais son caractère. Nous disons d’elle qu’elle est sournoise, vicieuse, sans morale.

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