Pelleter des nuages

Au Québec, les hivers glaciaux nous forcent à pelleter de la neige, encore et encore. Cette corvée, qui est presque devenue notre sport national, a donné naissance à plusieurs maux de dos et aussi à de nombreuses expressions qui n’ont plus rien à voir avec la neige et le temps froid.

L'expression «pelleter des nuages» signifie rêver sans tenir compte de la réalité.
Jules est très sympathique, mais il faut faire attention à ses promesses. Il ne fait que pelleter des nuages.

L’expression pelleter des nuages signifie « rêver sans tenir compte des contraintes réelles, caresser des chimères, perdre son temps à élaborer des projets irréalisables ».

— Vendredi, avec mes amis d’université, on a bu de la bière et on a pelleté des nuages toute la nuit, comme dans le bon vieux temps.

— Mon garçon a cessé de pelleter des nuages. Il a enfin décidé de retourner aux études. Je suis tellement soulagé. Mais là, est-ce que c’est moi qui pellette des nuages en pensant qu’il va obtenir un diplôme ?

— Pelleter des nuages, c’est facile quand ce sont les autres qui payent les factures.

Le pelleteux de nuages

Un pelleteur de nuages est donc un idéaliste ou un enthousiaste dépourvu de sens pratique, une personne qui caresse des chimères.

Dans la langue parlée, lorsqu’on veut donner un sens péjoratif au mot pelleteur, on dit pelleteux. On désigne alors un idéaliste qui n’est pas fiable.

— Ma fille est attirée par les pelleteux de nuages. Elle s’embarque toujours dans leurs niaiseries (projets stupides) et finit par payer leur loyer.

— Quoi ? Tu as investi avec Jules ? Mais t’es fou ! C’est rien qu’un pelleteux de nuages.

— Le charme des pelleteux de nuages tient dans le fait qu’ils savent nous faire rêver. C’est pour ça qu’ils sont si dangereux. Ils ne se sentent pas liés par les contraintes de la vie réelle.

— Je suis soulagé. Mon garçon a cessé de pelleter des nuages. Il a décidé de retourner aux études.

Dans la langue parlée, lorsqu’on veut donner un sens péjoratif au mot pelleteur, on dit pelleteux. On désigne alors un idéaliste qui n’est pas fiable.

— Ma fille est attirée par les pelleteux de nuages. Elle embarque toujours dans leurs chimères.

— Quoi, tu as investi avec Jules? Mais t’es fou! C’est rien qu’un pelleteux de nuages.

Pelleter dans la cour du voisin

L’expression pelleter [quelque chose] dans la cour du voisin signifie « se débarrasser indûment d’un problème ou d’une tâche en les refilant à quelqu’un d’autre ». 

Titre d'un article du Droit : Pelleter ses problèmes chez le voisin
Source : Le Droit

— Arrête donc de pelleter tes problèmes dans la cour du voisin. Un jour, tu devras faire face à tes responsabilités.

— Le gouvernement fédéral va pelleter ses responsabilités fiscales en santé dans la cour des provinces.

— Mon ancien locataire a littéralement pelleté ses problèmes dans ma cour. Il a jeté tous ses vieux pots de peinture et son matelas déchiré sur mon terrain avant de déménager.

Pelleter en avant

L’expression pelleter par en avant (ou pelleter en avant, pelleter vers l’avant) veut dire « remettre à une date indéterminée une décision difficile à prendre ou un problème à régler ».

— À force de pelleter ses problèmes par en avant, Jules va finir par se retrouver sur la paille.

— Les gouvernements pellettent le problème de la dette vers l’avant. Ils ne pensent qu’à leur réélection.

— Les gens qui ont l’habitude de tout pelleter en avant espèrent qu’ils vont pouvoir trouver le bouton « reset » et repartir à zéro un jour. Mais la vie, ça ne marche pas comme ça.

Les anglophones utilisent l’expression kick the can down the road pour décrire cette même réalité : repousser à plus tard la résolution de problèmes actuels.

Pelleter de la boucane

Pelleter de la boucane ou pelleter de l’air, c’est perdre son temps en futilités. Pour bien comprendre cette expression, il faut savoir que le mot boucane est synonyme de « fumée ».

— Je n’aime pas mon nouveau patron. Il fait juste pelleter de la boucane.

Au Québec, nous utilisons le mot niaiserie comme synonymes de « futilité, chose sans importance ». Ce terme a enfanté l’adjectif niaiseux, synonyme de « niais, bête, stupide » et le verbe niaiser, synonyme de « perdre son temps à ne rien faire ».

— Je n’ai rien fait de la journée, j’ai juste niaisé.

Le verbe niaiser veut aussi dire « embêter quelqu’un » ou « le faire marcher ».

— Si t’arrêtes pas de me niaiser, je te fous mon poing sur la gueule.

— Est-ce que c’est vrai ce que tu me racontes ? Es-tu en train de me niaiser ?

Pour approfondir votre connaissance de la famille du mot niaiserie, nous vous invitons à consulter l’article Niaiseux, niaisage et autres niaiseries québécoises.

À la pelletée

La locution à la pelletée signifie « en grand nombre, en grande quantité, à la tonne ».

— Jules me surprendra toujours. Il est laid comme un pou et il a des blondes (copines) à la pelletée.

— Hier, pour une des rares fois cette année, les joueurs du Canadien (club de hockey) ont compté des buts à la pelletée.

— En face du parc, les policiers donnent des contraventions à la pelletée.

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