Avoir des croûtes à manger

L’expression québécoise avoir des croûtes à manger signifie « devoir encore acquérir de l’expérience avant de se prétendre experte dans un domaine, avoir beaucoup de choses à apprendre, avoir du chemin à faire avant d’avoir du succès ».

Au début de sa carrière politique, Pierre-Karl Péladeau a admis qu’il manquait d’expérience lorsqu’il a dit «j’ai des croutes à manger». Source Journal de Montréal

Cette expression imagée, qu’il ne faut pas surtout pas prendre au pied de la lettre, est d’emploi courant au Québec. Sa force évocatrice la rend populaire aussi bien dans la langue parlée que dans la langue écrite.

— J’ai engagé un apprenti à la boulangerie. Ça ne faisait pas deux jours qu’il était là qu’il me disait comment « runner » (diriger) ma cuisine. Eille, le jeune! que je lui ai dit, t’as encore des croûtes à manger avant d’être un vrai boulanger. Il s’est mis à pleurer. Ah! les jeunes…

— Quand on sort de l’université, on s’imagine qu’on est prêt pour les grands projets. Après quelques mois seulement, on réalise à quel point on a encore beaucoup de croûtes à manger avant d’être du niveau des meilleurs. C’est à la fois stimulant et déprimant.

— J’ai encore des croûtes à manger avant d’obtenir une étoile Michelin pour mon restaurant. En attendant, je me contente d’acheter des pneus Michelin.

Il n’y a pas que les croûtes qui comptent : le pain aussi. Nous vous invitons à découvrir les expressions faute de pain, on mange de la galette.

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