La cabane à sucre

Voici cinq mots québécois pour vous aider à mieux comprendre votre prochaine aventure gastronomique dans une cabane à sucre.

1 — Cabane à sucre : bâtiment destiné à la fabrication du sirop d’érable et où l’on sert des mets traditionnels du Québec.

2 — Temps des sucres : période, au printemps, où la sève commence à monter dans les érables à sucre et où on peut la recueillir pour en faire du sirop.

3 — Bibitte à sucre : personne qui adore le sucre, les desserts et les friandises.

4 — Bines (de l’anglais bean) : fèves ou haricots au lard salé mijotés très lentement dans une sauce aux tomates et au sirop d’érable.

5 — Oreilles de Christ (prononcer « oreilles de crisse ») : couennes de lard sautées ou frites et servies sous forme de croustilles épaisses.

Et un petit dernier…

6 — Sirop de poteau : faible imitation du sirop d’érable, fabriqué habituellement avec du maïs. On l’appelle aussi « sirop de table ».

Un Québécois dit : à cause du coronavirus, je ne peux t'inviter à manger des oreilles de Christ. Le Français lui répond : Quoi, vous mangez des oreilles de Christ. J'espère que j'ai mal compris.

La cabane à sucre

La cabane à sucre est un bâtiment destiné à la fabrication du sirop d’érable et où l’on sert des mets traditionnels du Québec. On retrouve les cabanes à sucre dans des érablières, c’est-à-dire des peuplements d’érables à sucre exploités pour l’industrie des produits de l’érable (sirop, sucre, etc.).

Samedi, nous sommes allés dans une petite cabane à sucre traditionnelle. Mon grand-père était content.

— Chaque année, toute la famille se réunit à la cabane à sucre. Chaque année, je fais une crise de foie. Un jour, je vais comprendre que mon corps n’est plus capable de digérer ces repas de bûcherons.

— Cette année, ils ont fait jouer du hip-hop à la cabane à sucre. Même là, les traditions se perdent.

Le sirop de poteau

Le sirop de poteau est un sirop industriel, généralement fabriqué à base de maïs. C’est un succédané du sirop d’érable.

Bouteille de sirop de poteau, locution québécoise qui signifie sirop de table, habituellement fait avec du maïs. Une pâle imitation du sirop d'érable.

— Je suis très déçu de cette cabane à sucre. Ils nous ont servi du sirop de poteau.

— Je sais que je vais dire une abomination, mais j’aime mieux le sirop de poteau que le sirop d’érable. Je sais, pour un Québécois, c’est honteux.

Le temps des sucres

Le temps des sucres arrive au printemps, lorsque la sève (qu’on appelle « eau d’érable ») commence à monter dans les érables à sucre. On retrouve cette espèce d’érable au bois blanc et très dur dans le sud du Québec. Cet arbre fournit une sève sucrée avec laquelle on fabrique différents produits, comme le sirop, la tire et le beurre d’érable.

Le temps des sucres est commencé. On a eu notre première récolte d’eau d’érable.

— Le temps des sucres se termine bientôt. Il faut se préparer au temps des semences.

— Mon grand-père me disait chaque printemps : « Je me souviens que dans mon enfance, le temps des sucres arrivait souvent en même temps que le carême. C’était frustrant. »

— Le temps des sucres est le meilleur moment de l’année! Ce n’est pas que j’aime le sucre, c’est que je déteste l’hiver.

Une bibitte à sucre

Le mot bibitte (bébitte, bébite, ou bebite) signifie « insecte », mais la locution bibitte à sucre désigne une personne qui aime le sucre.

Mon plus jeune est une vraie bibitte à sucre.

— Mon petit garçon est une vraie bibitte à sucre. Ses yeux s’allument quand il voit du sucre d’érable.

— En vieillissant, c’est difficile de garder son poids de jeunesse quand on est une bibitte à sucre.

— La crèmerie au coin de la rue attire toutes les bibittes à sucre du quartier.

Au Québec, une crèmerie est un commerce où l’on sert des produits dérivés du lait prêts à être consommés, comme les cornets de crème glacée (appelés « glaces » en France).

Nous vous invitons à consulter l’article Bébitte ou maringouins? pour découvrir le mot bibitte.

La différence entre avoir le bec sucré et se sucrer le bec

L’expression se sucrer le bec veut dire « manger des sucreries, des mets sucrés », tandis qu’avoir le bec sucré signifie « aimer le sucre ».

C’est le temps de nous sucrer le bec!

— On a bien le droit de se sucrer le bec de temps à autre. On a juste une vie après tout.

— La tarte aux amandes est prête. Venez vous sucrer le bec.

— J’ai toujours eu le bec sucré, mais depuis quelques années, je ne contrôle plus mes fringales!

De bien bonnes bines

Le mot bine confond de nombreux Français. Ce mot si courant illustre bien l’omniprésence de l’anglais dans la langue quotidienne des Canadiens français. Le mot bine est une déformation du mot anglais bean qui se traduit par « fèves » ou « haricot ».

Malgré son origine anglophone, bine se prononce à la française comme pine… Un autre mot qui porte à confusion, car au Québec, une pine, adaptation de l’anglais pin, est synonyme d’« épingle » (et non pas de « pénis », comme en France). Nous vous invitons à consulter l’article Les fameuses bines québécoises pour découvrir les autres sens de bine, qui ne signifie pas toujours « fèves ».

Les surprenantes oreilles de Christ

Pour terminer, nous nous penchons sur les oreilles de Christ, que l’on prononce « oreilles de crisse ». Nous dégustons principalement cette spécialité culinaire québécoise dans les cabanes à sucre, rarement ailleurs. C’est un mets traditionnel à diffusion limitée constitué de couennes de lard sautées ou frites et servies sous forme de croustilles épaisses.

Ça fait tellement longtemps que je n’ai pas mangé des oreilles de crisse. Je ne sais pas si mon foie va résister.

— Mon adaptation au Québec s’est faite assez facilement. Je suis passé des fritons aux oreilles de crisse sans trop de problèmes.

— Dimanche, j’ai fait une entorse à ma diète. Je me suis bourré la face de jambon, d’omelettes, de fèves au lard et surtout d’oreilles de crisse. C’est décidé. Aujourd’hui, euh non, demain, je me remets au jogging.

— Il faut avertir les touristes de manger les oreilles de crisse lentement. Les morceaux de couenne durcis ont brisé quelques dents.

Pour découvrir d’autres expressions québécoises formées avec le mot oreille, n’hésitez pas à lire l’article Les oreilles dans la langue québécoise.

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