Dix expressions québécoises liées à l’hiver

Au Québec, les hivers rigoureux ont donné naissance à de nombreuses expressions. Mais fait amusant, le sens de plusieurs d’entre elles n’a plus rien à voir avec la météo. Leur signification devient alors presque impossible à déduire pour un non-Québécois.

Dix expressions québécoises d'hivers. Une jeune femme marche avec des raquettes dans sur un lac gelé couvert de neige.
Êtes-vous capable de déduire le sens de ces expressions québécoises liées à l’hiver?

1 — Être gelé signifie « être anesthésié localement » comme chez le dentiste ou « être camé, défoncé, drogué ». Être gelé peut aussi vouloir dire « avoir très froid ». Dans ce cas, nous ajoutons parfois comme une crotte à cette expression. Ainsi, une personne transie pourrait dire : « je suis gelée comme une crotte. » Par contre, nous ne dirions jamais d’une personne sous l’influence de la drogue ou anesthésiée localement qu’elle est gelée comme une crotte, seulement qu’elle est gelée.

Pour en savoir plus, voir l’article : Être gelé comme une crotte.

2 — Vendre un frigidaire à un Esquimau ! On utilise cette expression pour décrire une personne qui a du bagout, un beau parleur, un vendeur capable de faire croire n’importe quoi à n’importe qui. Elle peut autant vanter les talents de communicateur d’une personne que son côté manipulateur. Elle peut donc être un compliment ou une insulte.

Pour en savoir plus, voir l’article : Vendre un frigidaire à un Esquimau.

3 — Pelleter des nuages signifie « rêver sans tenir compte des contraintes réelles ». Par extension, un pelleteur de nuages est donc un idéaliste ou un enthousiaste dépourvu de sens pratique, une personne qui caresse des chimères. Lorsque nous désirons mettre l’accent sur le côté péjoratif de cette expression, nous disons « un pelleteux de nuages ».

Pour en savoir plus, voir l’article : Pelleter des nuages.

4 — Se faire passer un sapin signifie « se faire avoir, se faire duper, se faire tromper ». Cette expression remonte à l’époque où des gens malhonnêtes vendaient du bois du sapin baumier (commun au Québec, mais de très faible valeur) en le faisant passer pour du bois de pin ou d’autres essences de meilleure qualité.

Pour en savoir plus, voir l’article : Se faire passer un sapin.

5 — Attache ta tuque signifie « attention, ça va décoiffer; accroche-toi bien; prépare-toi, l’action va commencer ». Pour mieux en saisir le sens, il faut savoir qu’une tuque est un bonnet de laine à bords rabattus, parfois surmonté d’un pompon. On ajoute souvent « avec de la broche » à cette expression pour lui donner plus de poids. Au Québec, de la broche, c’est aussi du fil de fer.

Pour en savoir plus, voir l’article : Attache ta tuque avec de la broche.

6 — Avoir vu neiger signifie « être avisé, avoir de l’expérience, voir venir les chose ». « J’ai déjà vu neiger » peut se traduire par « tu ne me la feras pas ». Nous disons aussi avoir du millage pour dire « avoir de l’expérience ». Au Québec, nous avons longtemps mesuré les distances en milles, même si aujourd’hui nous utilisons les kilomètres. Avoir du millage, c’est donc avoir déjà parcouru de longues distances.

Pour en savoir plus, voir l’article : Divers mots d’hiver en québécois.

7 — À la mitaine signifie « à la main, de façon manuelle ». Par exemple : « La souffleuse (chasse-neige) est en panne. Il va falloir pelleter l’entrée à la mitaine. » Notez que les fameuses mitaines québécoises sont les moufles françaises (un mot presque inconnu au Québec), c’est-à-dire des pièces de vêtements recouvrant entièrement la main en ne séparant que le pouce, alors qu’en France, les mitaines sont des gants laissant à nu les deux dernières phalanges des doigts.

Pour en savoir plus, voir l’article : Des mitaines pour écrire.

8 — Qu’est-ce que ça mange en hiver? signifie « mais qu’est-ce c’est que ça? ». Cette expression sert à s’enquérir d’une chose qu’on ne connaît pas. Nous l’utilisons pour dire à notre interlocuteur que l’on ignore de quoi il parle. Les plus jeunes disent aussi kossé ou de kessé (qu’est-ce que c’est?).

Pour en savoir plus, voir l’article : Divers mots d’hiver, la suite.

9 — Patiner signifie aussi « éluder une question embarrassante, ne pas répondre aux questions, se trouver des excuses ou faire diversion ». On peut donc patiner très vite sans savoir se tenir sur des patins. Dans certains cas, patiner peut aussi vouloir dire « être prompt à la répartie », mais cet usage est plus rare.

Pour en savoir plus, voir l’article : Le politicien patine vite.

10 — Être vite sur ses patins signifie « s’adapter rapidement à une situation inattendue, penser vite, réagir vivement en conservant son sang froid ». Cette expression sert parfois à décrire une personne dotée d’un excellent sens de la répartie.

Pour en savoir plus, voir l’article : Le politicien patine vite.

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