Couler un cours

Quelle est la hantise des écoliers québécois en ce début d’année scolaire ? Couler leurs cours !

Au Québec, couler est synonyme de « échouer, se ramasser, se planter ». Dans la langue parlée, ce verbe est d’usage très courant.

Les anglophones donnent au verbe « to sink » le sens de « faire échouer, ruiner ». Couler, pour dire « échouer », est probablement un emprunt de l’anglais.

Être recalé, dans le sens de « échouer à un examen » ou de « rater un test » et même de « louper un examen », est très peu utilisé au Québec. Pour leur part, les Belges utilisent le verbe moffler pour dire « couler un cours » ou « être recalé ».

Le petit Léo a bon espoir de ne pas couler son examen de natation.

Exemples :

— Durant la COVID, les professeurs n’avaient pas le droit de nous couler.

— Je n’ai jamais coulé un examen de ma vie… sauf celui de dégustateur de vin.

— Je suis certain d’avoir coulé mon examen, mais mon professeur a perdu les copies. Tu parles d’une chance ! On doit le refaire la semaine prochaine.

Couler de l’information

Le verbe couler est aussi utilisé dans le sens de « divulguer une information confidentielle », « faire l’objet d’une fuite ».

Dans ce contexte, couler de l’information est un calque de l’anglais to leak information.

Exemples :

— Un ingénieur de la Ville a fait couler l’info qui prouve que les égouts ne sont plus étanches et contaminent la nappe phréatique.

— En politique, il y a toujours une personne prête à faire couler de l’info pour mettre quelqu’un dans l’eau chaude (calque de l’anglais in hot water — qui se traduit en français par « être sur la sellette, marcher sur des charbons ardents, être dans de beaux draps »).

Du coulage d’infos

Le mot coulage est aussi utilisé pour désigner l’action de révéler intentionnellement des informations qui devraient rester confidentielles. C’est un calque de l’anglais information leak.

Exemples :

— À la suite du coulage des documents dans les journaux, le juge a dû rappeler à l’ordre les deux avocats qui, la main sur le cœur, nient toute implication.

— Le président d’Air Canada était furieux du coulage d’infos dans les réseaux sociaux. Il a passé la semaine à rétropédaler.

Coulé dans le béton

L’expression coulé dans le béton qualifie quelque chose de définitif, d’irréversible, d’irrévocable. Cette expression est un calque de l’anglais set in concrete, cast in concrete, set in cement (quoique cette dernière expression s’utilise rarement en anglais, contrairement à « coulé dans le ciment » au Québec). Les anglophones préfèrent « set in stone ».

Exemples :

— Tout était coulé dans le béton avant même le début des audiences. Nous aurions dû rester à la maison.

— Les critères d’admission ne sont pas coulés dans le béton. Tout dépend de l’humeur des évaluateurs.

— Je croyais que ma promotion était coulée dans le béton. J’ai vraiment été frustré de lire le communiqué de presse qui annonçait la venue d’un nouveau vice-président à ma place.

L’équivalent de coulé dans le béton en français standard est gravé dans le marbre. Cette locution est connue au Québec, mais son usage est moins fréquent que coulé dans le béton.

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