12 expressions québécoises pour se calmer les nerfs

Le confinement nous met à cran. Nous sommes sur les nerfs et même sur « le gros nerf ».

Alors, profitons de cette période tendue pour partager les expressions québécoises liées à la perte de patience, à l’exaspération, au mauvais caractère, et ainsi avoir un peu de plaisir grâce à notre humeur massacrante.

Jules Québécois dit à Jules Français : Je lui ai dit de se calmer le pompon ! Pas besoin de s’énerver le poil des jambes. Non, mais, il y a des limites d’être toujours sur le gros nerf. Jules Français répond : Mais comment faites-vous pour être de mauvaise humeur avec des expressions pareilles ?

1 — Être sur le gros nerf

L’expression être sur le gros nerf signifie « être extrêmement tendu, être à cran ».

— Le confinement nous met tous sur le gros nerf, particulièrement Jules, qui est un animal social.

Pour dire à quelqu’un de se calmer, on dit aussi : « Les nerfs ! »

Les nerfs ! Et arrête de donner des coups de poing sur la table.

Et quelqu’un qui s’énerve, perd patience, fait une crise de colère, il pogne les nerfs. Pogner vient de l’ancien français : « attraper, empoigner, prendre, obtenir au sens propre et au figuré ».

— Chaque fois que je téléphone à ma banque, je pogne les nerfs devant l’incompétence de ceux qui gèrent mon argent.

Pour approfondir vos connaissances, nous vous invitons à lire les articles Être sur les nerfs et Les nombreuse significations de pogner.

2 — Se calmer le pompon

L’expression se calmer le pompon veut tout simplement dire « se calmer ». On l’utilise dans des situations où une personne s’énerve, panique ou perd patience pour des raisons futiles. C’est une invitation à se ressaisir.

— J’ai dit à la cliente de se calmer le pompon, qu’il n’y avait pas de raison de m’insulter. Oui, il nous restait du papier de toilette.

Au Québec, nous disons surtout « papier de toilette » plutôt que « papier cul ». Et nous n’utilisons jamais l’abréviation PQ pour ce produit, car pour nous, le PQ est le Parti Québécois, le parti politique porteur du projet d’indépendance.

3 — S’énerver le poil des jambes

S’énerver le poil des jambes, c’est s’exciter exagérément, perdre patience rapidement, céder à la panique.

Énerve-toi pas le poil des jambes ! C’est pas si grave que ça, le confinement. Oui, c’est plate (ennuyant), mais on va passer au travers.

4 — Faire la baboune

L’expression faire la baboune signifie « faire la moue, bouder ». Pour bien la comprendre, il faut savoir que le mot baboune veut dire « lèvres humaines » ou « bas du visage ». Autrement dit, faire la baboune, c’est faire la lippe.

La petite Julie fait toujours la baboune lorsqu’elle n’a pas ce qu’elle veut.

— La petite me fait la baboune depuis que je lui ai dit qu’on n’irait pas voir grand-maman pour sa fête (son anniversaire).

5 — Avoir le feu au cul

Avoir le feu au cul est l’une des expressions qui porte le plus à la méprise, car elle exprime des images radicalement différentes d’un côté et de l’autre de l’Atlantique.

En effet, au Québec, cette expression signifie « être très en colère, être en furie contre quelqu’un ou quelque chose ». Elle n’a aucune connotation sexuelle comme c’est le cas en France.

— J’avais le feu au cul quand j’ai appris qu’on n’allait pas skier parce qu’il faisait trop froid.

6 — Modérer ses transports

L’expression modérer ses transports signifie « se calmer, se contrôler ».

— Pour conduire dans les grandes villes, il faut savoir modérer ses transports, sinon on passe ses journées à s’engueuler avec des étrangers.

Lorsqu’on parle directement à quelqu’un pour l’inviter à se calmer, on lui dit « modère tes transports ». On modifie le déterminant ses par tes. Cette expression qui invite au calme est rarement dite d’un ton paisible.

7 — Respirer par le nez

L’expression respire par le nez signifie « calme-toi, contrôle-toi, ne panique pas ».

— Là, tu vas commencer par respirer par le nez, et ensuite on verra si on peut continuer à discuter.

Au Québec, nous employons parfois le nom respire comme synonyme de « souffle » ou « respiration ».

8 — Avoir un air de bœuf

L’expression avoir un air de bœuf signifie « être désagréable, antipathique, renfrogné ».

Notez que dans cette expression, le mot bœuf est habituellement prononcé « beu ». Toutefois, nous disons bien « bœuf » lorsque nous parlons de l’animal ou de sa viande.

— Depuis la COVID, on sent la tension dans les centres d’achat. La plupart des gens qui magasinent ont un air de bœuf.

Il ne faut pas confondre un air de bœuf avec un front de bœuf : avoir un front de bœuf signifie « avoir du culot, être fonceur ».

9 — Être choqué

Le verbe choquer est souvent utilisé au Québec pour dire « être fâché, être en colère ».

— Ça me choque tellement d’entendre ça, tu ne peux pas savoir.

On l’utilise aussi à la forme pronominale : se choquer.

— Si vous ne serrez pas vos jouets, je vais me choquer ! (Je vais me fâcher.)

Dans ce contexte, le verbe serrer est synonyme de « ranger ».

10 — Grimper dans les rideaux

L’expression grimper dans les rideaux n’a pas du tout le même sens au Québec qu’en France.

Alors qu’en France, grimper aux rideaux signifie « éprouver un désir sexuel », au Québec, grimper dans les rideaux veut plutôt dire « s’énerver, s’emporter, perdre patience ».

— Pas moyen de lui parler, dès qu’on lui dit quelque chose, elle grimpe dans les rideaux.

La proximité des deux expressions prête à la confusion. C’est parfois amusant, parfois malaisant.

11 — Relaxer ses hormones

Nous employons l’expression relaxer ses hormones pour demander à quelqu’un de se calmer. Nous disons aussi bien « relaxe tes hormones » que « calme-toi les hormones ».

— Eille ! relaxe tes hormones ! T’as plus cinq ans. Contrôle-toi un peu.

12 — Péter une coche

L’expression péter une coche veut dire « s’énerver, perdre la tête, péter les plombs ».

— Jules a pété sa coche quand il a appris que le confinement était rallongé.

Nous disons aussi bien « péter sa coche » que « sauter une coche ».

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