10 mots d’amour québécois

En cette semaine de la Saint-Valentin, nous vous présentons 10 mots et expressions que nous employons quotidiennement au Québec.

L’amour est universel, mais les mots pour le décrire ne le sont pas toujours. Nous oublions parfois à quel point tous ces mots si banals pour nous représentent un défi de compréhensions pour nos cousins de la francophonie. Pourquoi blonde ? Casser quoi au juste ? Accoté, mais accoté à quoi ? Dans cet article, nous tenterons d’élucider ces mystères.

1 — Blonde

Une blonde, c’est une petite amie, une amoureuse.

— Ma blonde veut déménager à Chicoutimi, se rapprocher de la nature. Moi, j’aimerais aller vivre à New York. Il y a un petit conflit à l’horizon.

Deux cousins, un Québécois et un Français parlent. Le Français dit : Si je comprends bien le Québécois, Julie, c'est ma blonde même si elle n'est pas blonde. Le Québécois répond : C'est ça, J'ai déjà eu une blonde rousse et une blonde brune, mais jamais blonde blonde.

En France, on n’utilise pas le mot blonde dans ce sens. Pourtant, il tire son origine du vieux continent. En effet, on retrouve ce mot dans la chanson Auprès de ma blonde, qui date de 1704 :

« Auprès de ma blonde
Qu’il fait bon, fait bon, fait bon
Auprès de ma blonde
Qu’il fait bon dormir […] »

Depuis quelques années, certains utilisent le mot blonde pour parler de leur épouse. Cet emploi sert à atténuer le côté formel de leur relation, à lui donner une allure plus jeune, plus dynamique, plus amoureuse.

Pour savoir utiliser le mot blonde à bon escient, lisez l’article L’amour est aveugle, mais il n’est pas sourd.

2 — Chum

Le mot chum a plusieurs sens juste assez proches pour le rendre difficile à comprendre pour les non-initiés.

En effet, un chum peut être un amoureux (un jules), un conjoint de fait, un mari, un ami ou un camarade.

Julie explique toutes les différences de significations du mot chum en québécois.
Julie explique que c’est en sortant avec ses chums de filles qu’elle a rencontré son nouveau chum. Et que le plus drôle, c’est que son chum, c’est un des chums de jeunesse de son frère. Son amie française l’écoute sans trop comprendre, et se demande même si son amie fait bien de sortir avec l’ex de son frère.

Si une femme dit « j’ai un nouveau chum », elle parle de son nouvel amoureux. Cela ne l’empêche pas de sortir avec ses chums de filles ; dans ce cas, elle sort avec ses copines ou ses collègues. Il faut absolument se fier au contexte pour donner au mot chum le sens qui lui convient.

Le mot chum serait un emprunt de l’anglais chum, un terme vieilli qui se traduit par « copain ». Chum, serait une déformation de cham(bermate), roomate.

Pour élucider le mystère du mot chum, lisez l’article L’amour est aveugle, mais il n’est pas sourd.

3 — Casser

Le verbe casser signifie « rompre, mettre fin à une relation amoureuse ».

— Je ne savais pas comment casser avec Julie sans lui faire de mal, mais elle a réglé le problème en cassant la première.

Casser ne s’utilise que dans un contexte amoureux. On ne peut donc pas casser une relation d’affaires, à moins que notre associé soit aussi notre conjoint.

Casser se retrouve aussi dans plusieurs autres locutions québécoises, comme casser l’anglais ou casser ses chaussures. Pour en savoir plus sur le mot casser, lisez l’article Casser et tomber en amour.

4 — Vivre accoté

La locution verbale vivre accoté signifie « vivre en concubinage, vivre en union de fait sans les liens du mariage ».

— Jules et Julie vivent accotés depuis huit ans sans avoir aucun désir de se marier.

L’adjectif accoté peut aussi signifier « appuyé » et le verbe accoter a parfois le sens de « se montrer l’égal ou supérieur à ». Pour en savoir plus, lisez l’article Vivre accoté.

5 — Donner un bec

L’expression donner un bec est synonyme de « faire la bise, donner un bisou, donner un bécot ».

— Au Québec, on se donne un ou deux becs lorsqu’on se rencontre. En France, ça peut aller jusqu’à quatre. Trop, c’est comme pas assez.

— J’ignore si la tradition de se donner des becs va survivre à la COVID.

Donner un bec, ce n’est pas « frencher ». Les Québécois seront surpris d’apprendre que le mot frencher ne vient pas de France. En fait, ce verbe est tiré de l’anglais french kiss, synonyme de « baiser profond », que les Québécois transformé en verbe du premier groupe.

L’expression française rouler une pelle, synonyme de « frencher », est presque inconnue au Québec.

Pour découvrir cinq expressions avec le mot bec, lisez l’article Un beau gros bec.

6 — Cruiser

Au Québec, on flirte un peu, mais on cruise (prononcer « crouze ») beaucoup. Les deux termes sont synonymes. En effet, cruiser signifie « chercher à avoir une aventure galante, à séduire ; draguer, courtiser ». C’est un emprunt à l’anglais to cruise: to look for a sexual partner.

— La COVID est particulièrement difficile pour ceux qui passent leurs soirées à cruiser.

Pour faire le tour du mot cruiser, lisez l’article Cruiser, tout un art.

7 — Tomber en amour

Tomber en amour, traduction littérale de la locution anglaise to fall in love, est beaucoup plus courant dans la langue québécoise que ses équivalents, devenir amoureux et tomber amoureux.

— Mon fils tombe en amour à chaque deux jours. Et chaque fois, il me dit que là, c’est du sérieux.

Nous employons aussi la tournure être en amour avec, traduction littérale de to be in love with pour dire « être amoureux de ».

Et lorsque nous sommes follement amoureux, nous sommes « en amour par-dessus la tête ».

Pour en savoir plus sur l’expression tomber en amour, lisez l’article Casser et tomber en amour.

8 — Chanter la pomme

L’expression québécoise chanter la pomme signifie « faire la cour à quelqu’un, chercher à séduire par des flatteries ».

Dans cette expression, la pomme ne serait pas la pomme biblique, fruit de la tentation, source de tous les maux qui accablent l’humanité. En effet, certains historiens avancent l’hypothèse que chanter la pomme serait un glissement vocalique du mot paume au mot pomme. Il faut se rappeler qu’à une certaine époque, seuls les touchers de la main, la paume, étaient socialement acceptables.

Le chanteur de pomme est donc un séducteur. Cette locution a toutefois un côté péjoratif, synonyme de « beau parleur », « manipulateur ».

Pour en savoir plus l’origine de cette expression, lisez l’article Chanter la pomme.

9 — Pogner

Le mot pogner est un verbe mystérieux qui possède de nombreuses significations, dont celle d’avoir du succès en amour.

Lorsqu’on « pogne », on séduit facilement.

— Jules n’est pas si beau que ça. Pourtant, il pogne toujours avec les beaux pétards.

Dans ce contexte, le mot pétard est synonyme de « jolies filles, jolis garçons ».

Pour démêler tous les sens du mot pogner, lisez l’article Les nombreuses significations de pogner.

10 — Courir la galipote

L’expression québécoise courir la galipote signifie « rechercher des aventures amoureuses, courir les filles, faire la fête ». Elle est synonyme de l’expression courir la prétentaine, utilisée en France, mais très peu au Québec.

— Mon frère n’a jamais voulu se caser. À soixante ans, il court toujours la galipote.

Selon le Centre national de ressources textuelles et lexicales (CNRTL), la galipote est un animal mythique et maléfique qui parcourt la campagne la nuit.

Quant à la ganipote (aussi orthographiée galipote), c’est une créature légendaire et maléfique issue du folklore et des légendes des provinces du centre-ouest et du sud-ouest de la France.

Pour connaître l’origine de cette expression, lisez l’article Courir la galipote n’est pas un sport olympique.

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