Les 5 mots indispensables aux Français qui arrivent au Québec

« Allo Julien ! » « Allo Catherine ! »

— Attention! Ces personnes ne sont pas forcément au téléphone. En effet «allo» s’utilise au Québec comme «salut» en France.

— «Allo» est employé sur un ton plus cordial, plus chaleureux que «salut» ou «bonjour». D’ailleurs, «allo» est souvent le premier mot de salutation appris par les petits. C’est probablement pourquoi «allo» possède une connotation si positive. Par contre, lors d’une entrevue d’embauche ou d’une rencontre avec son banquier, il est préférable de dire «bonjour».

« La facture s’il te plaît ! »

— Bon à savoir au restaurant : l’ « addition » s’appelle «facture» de l’autre côté de l’Atlantique !

— Effectivement, au Québec, le mot «facture» s’applique aussi à la restauration et à l’hôtellerie. Nous avons donc le déplaisir de recevoir des «factures» d’électricité et des «factures» de restaurants.

« Je te présente Laurence, ma blonde. » « Voici Olivier, mon chum. »

 — Ne déduisez pas que la chevelure de Laurence est de la couleur des blés. Elle peut tout à fait être brune ou rousse. Votre sourcil gauche forme un accent circonflexe interrogateur ? « Blonde » c’est la petite amie au Québec. Et « chum », le petit copain.

 — Les mots «blonde» et «chum» sont d’un usage très courant au Québec. Ils sont si communs que les Québécois sont surpris de découvrir que les sens de ces deux mots sont incompris par les autres francophones.

« On n’a plus de chips, veux-tu passer au dépanneur ? »

 — Non, ce n’est pas le « dépanneur » qui vous a secouru après une panne de moteur sur votre voiture. Ce « dépanneur » vient aussi à votre secours, mais d’une tout autre manière, en ayant à proximité de chez vous des produits de première nécessité. Le «dépanneur» québécois, c’est l’ «épicier de quartier» français.

— Le terme dépanneur est si populaire qu’il s’est même faufilé dans la langue anglaise du Québec. Les Anglophones de la province l’utilisent (en prononçant «dépannour») plutôt que son équivalent convinience store.

Je voudrais apporter une petite précision : un dépanneur n’est pas à proprement parler une petite épicerie, c’est plutôt une «supérette». On y trouve rarement des produits de qualité. On y achète surtout des chips, de la bière, du chocolat et des boissons gazeuses. Et par extension, la locution vin de dépanneur est synonyme de piquette, de vin de mauvaise qualité.

« Que fais-tu cette fin de semaine ? »

 — La « fin de semaine » québécoise correspond non pas au jeudi et vendredi français, mais à notre «week-end». Par amour pour la langue française, les Québécois utilisent sa traduction. Si vous utilisez «week-end», il est possible que cela provoque parfois quelques grincements de dents.

 — Nous utilisons «fin de semaine» comme synonyme de week-end. Toutefois, au cours des dernières années, le terme «week-end» a gagné beaucoup de terrain au Québec. «Week-end» et «fin de semaine» sont presque nez à nez. Cela dit, au Québec, la locution «fin de semaine» n’est jamais utilisée pour parler du jeudi ou vendredi.

Et dernière subtilité, nous disons plutôt «Que fais-tu en fin de semaine?» à la place de «Que fais-tu cette fin de semaine ?»

 

Ce texte à quatre mains a été écrit par Vincent Guérineau de la France et de Patrice Hudon du Québec.

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