Le magasinage de Noël

Au Québec, nous avons ajouté le suffixe age au mot magasin pour former magasinage. Ce mot, qui chatouille les oreilles de nos cousins de la francophonie, décrit l’action de faire du shopping.

De plus, nous avons aussi créé le verbe magasiner, synonyme de faire du shopping. Au Québec, nous faisons très rarement du shopping. Nous préférons, et de loin, faire du magasinage ou simplement magasiner.

Le centre d'achats est prêt pour le magasinage de Noël.

Le centre d’achats est prêt pour le magasinage de Noël.

— Il reste une semaine avant Noël et je n’ai pas encore commencé mon magasinage des fêtes.

— Je vais à Paris pour le Nouvel An. Je me promets d’aller magasiner sur les Champs-Élysées

— Je préfère magasiner au centre-ville que dans les centres d’achats.

L’emploi de la locution centre d’achats, tirée de l’anglais shopping center, est beaucoup plus fréquent que celui de la locution centre commercial.

— Le nouveau centre d’achats est presque vide. La moitié des locaux sont inoccupés.

Faire son épicerie

Nous pouvons aussi faire notre épicerie au centre d’achats. Faire son épicerie, c’est faire ses courses. Certains préfèrent dire faire sa commande, toutefois, cette formule tend à disparaître.

— Je déteste faire l’épicerie durant la semaine de Noël. Les gens sont trop stressés.

— J’ai eu un accident de voiture en revenant de faire ma commande. Il y avait du lait partout sur la banquette arrière.

Courir les ventes

Les objets en vente sont des articles en liquidation, en solde. Encore une fois, l’influence de l’anglais se fait sentir, car dans ce contexte, le mot vente a pris le sens du mot anglais sale.

— Profitez des ventes avant Noël : jusqu’à 50 % de rabais.

— J’attends toujours à la dernière minute pour profiter des ventes.

— J’achète tous mes cadeaux en vente. Je ne suis pas capable de payer le plein prix.

La langue commerciale du Québec est fortement influencée par l’anglais. Nous avons donc des ventes d’entrepôt, des ventes d’écoulement, des ventes d’inventaire qui sont toutes des ventes de liquidation. Le terme déstockage, utilisé en France, est peu connu au Québec.

Et pour terminer, une vente finale est une vente ferme. Les objets soldés ne seront ni repris, ni échangés, ni remboursés.

Faire son Steinberg

Petite page d’histoire d’une expression disparue. Dans les années 1970, la chaîne d’alimentation la plus populaire du Québec s’appelait Steinberg. Cette entreprise était si bien intégrée au tissu social que de nombreux Québécois employaient l’expression faire son Steinberg pour dire qu’ils faisaient l’épicerie et cela, peu importe la chaîne d’épiceries où ils magasinaient. Ils pouvaient donc faire leur Steinberg chez Métro, IGA, etc. Avec la faillite de Steinberg dans les années 1990, l’expression s’est peu à peu éteinte dans l’univers linguistique québécois.

 

Pour rester dans le thème des fêtes, nous vous invitons à découvrir l’expression tire-toi une bûche.

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