Je dis – tu dis : divers mots d’hiver en québécois

Est-ce que tu es resté pris dans un banc de neige ?

 – Ah, les bancs de neige ! Je ne me doutais même pas de leur existence avant d’arriver à Montréal. Jusqu’à présent, non, et je touche du bois pour que les chutes (tempêtes en québécois) de neige ne m’y coincent pas. L’équivalent français est andain de neige (qui l’aurait cru?).

Dictionnaire québécois : banc de neige

 – C’est la première fois que j’entends le mot «andain». Je croyais que vous utilisiez le mot congère comme équivalent à nos bancs de neige.

 – C’est vrai que la différence est fine entre les deux: la «congère» est un amas neigeux formé par le vent, l’«andain» est formé mécaniquement lors du déblaiement par un chasse-neige.

Est-ce que tu comprends la gradation frais, froid, frette ?

 — Le mot frette est généralement employé comme un superlatif de froid.

— «Le Québec serait le plus beau pays du monde si ce n’était pas du frette qui nous gâche la vie six mois par année.»

 – J’avais saisi que «frette», c’était très très froid. C’est l’équivalent de notre ça caille !. Cette expression fait référence au changement de texture du sang quand il fait «frette».

 – Je n’avais jamais entendu «Ça caille» dans ce contexte. Au Québec, nous utilisons de façon imagée le verbe cailler pour dire que nous sommes très fatigués.

As-tu peur de péter au frette ?

 – L’expression péter au frette signifie mourir subitement, et non pas de mourir de froid.

— «S’il continue à travailler 20 heures par jour, il va péter au frette

 – Péter ! Ce verbe est très facilement compris en Français dans son acception sonore. J’aurais donc compris «il va péter au frette» dans un sens complètement différent…

Est-ce que tu comprends l’expression «J’ai déjà vu neiger»?

 – Bien, je peux maintenant dire moi aussi que j’ai déjà vu neiger. Mais pas de là à en comprendre le sens caché de cette expression.

 – J’ai déjà vu neiger veut dire «J’ai de l’expérience.» «Je te vois venir.» «Tu ne me la feras pas».

 – Je ne l’aurais pas comprise. Et pour finir avec la saison froide, avez-vous la truculente expression  habiller quelqu’un pour l’hiver ?

 – Étrangement, ce n’est pas une expression que l’on utilise au Québec. Du moins, je ne l’ai jamais entendue.

 – Lorsqu’on dit du mal d’une personne (généralement en son absence) et que la médisance recouvre (au figuré) la victime de calomnies, nous disons que cette personne est «habillée pour l’hiver.»

 

Ce texte à quatre mains a été écrit par Vincent Guérineau de la France et de Patrice Hudon du Québec.

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