Le diable est aux vaches

L’expression le diable est aux vaches n’est pas une expression typiquement québécoise, puisqu’elle est originaire de la France. Toutefois, elle y est considérée comme vieillie, alors qu’au Canada, cette expression est encore en usage.

le-diable-est-aux-vaches : expression québécoise

«Le diable est aux vaches» signifie que rien ne va plus, que le désordre règne, que le chaos s’est installé.

— Depuis que le contremaître a foutu le camp, le diable est aux vaches sur le chantier.

Quand le diable est aux vaches, la situation est très confuse.

La petite vache

Le mot «vache» possède plusieurs significations qu’il faut savoir distinguer si on veut éviter de créer des malaises avec nos cousins de la francophonie. D’abord, la locution petite vache est une grosse insulte. Dans ce contexte, le mot «vache» est synonyme de garce, salope.

— Durant le débat, le candidat n’a pu s’empêcher de traiter sa rivale de petite vache.

— Toi, ma petite vache, on va se revoir devant le juge.

L’autre petite vache

«La petite vache» peut aussi être le nom familier du bicarbonate de soude. À une certaine époque, l’emballage du bicarbonate le plus populaire présentait une vache. Le nom anglais du produit était Cow Brand. Le surnom «la petite vache» est resté accolé au bicarbonate. Toutefois, cet usage tend à disparaître.

La petite vache : bicarbonate de soude en québécois

— N’oublie pas de mettre de la petite vache dans le frigo pour éliminer les odeurs.

La grosse vache

Nous employons aussi l’expression grosse vache pour insulter une femme. Attention, cet usage est très vulgaire. C’est une insulte grave.

Il existe une distinction entre une petite et une grosse vache. Alors qu’une petite vache est habituellement une femme sournoise ou hypocrite, une grosse vache est odieuse et ouvertement détestable.

— Ma nouvelle patronne, c’est vraiment une grosse vache.

— Je croyais avoir marié la femme de ma vie et je me retrouve avec une grosse vache.

Enfin, le mot vache employé sans qualificatif est synonyme de femme dure, méchante.

— Sous des apparences de bonne maman, c’est vraiment une vache.

L’adjectif québécois vache

Le mot «vache» employé comme adjectif ou attribut peut signifier être méchant ou injuste.

— Mon patron est le roi des commentaires vaches.

— Mon professeur est vache avec moi.

«Vache» peut aussi vouloir dire paresseux, fainéant.

Se sentir vache

L’expression se sentir vache ne fait aucune référence à une odeur particulière. On utilise la locution «être vache» ou «se sentir vache» pour dire qu’on se sent paresseux, sans énergie.

— Jules est trop vache pour se trouver un emploi.

«Se sentir vache» est aussi une façon de dire que nous n’avons pas le goût ou l’énergie de faire quelque chose. Se sentir vache sert à décrire un état limité dans le temps, contrairement à vache qui décrit plutôt un état permanent.

— Je me sens trop vache pour aller au gym aujourd’hui.

— Je ne suis pas sorti durant le week-end. Je me sentais trop vache. J’ai préféré m’écraser devant la télé.

Quant au verbe vacher, il est synonyme de paresser.

— J’ai passé la matinée à vacher. Ça faisait longtemps que cela ne m’était pas arrivé.

À noter que «vacher» s’emploie habituellement à l’infinitif ou au participe passé, rarement à l’indicatif.

 

Note : source de la photo de la petite vache : Wikimedia Commons 

 

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